Amazon propose à ses salariés une prime à la démission

EMPLOI Pour les syndicats, il s’agit plutôt d’un « plan de départs volontaires déguisé »…

A.B. avec AFP

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Illustration Amazon
Illustration Amazon — Michel spingler/AP/SIPA

Les affaires marchent plutôt pas mal pour Amazon. Implanté depuis quinze ans en France, le géant américain, qui affichait en 2016 un chiffre d’affaires en hausse, dispose de quatre sites dans l’hexagone et compte en ouvrir  un cinquième près d’Amiens cette année. Le groupe assure d’ailleurs avoir embauché  1.000 CDI en 2016, portant ses effectifs à 4.000 salariés. Mais dans le même temps, Amazon propose chaque début d’année à ses salariés une prime d’un genre particulier. A ceux de ses troupes qui auraient « un projet personnel », le groupe leur propose de démissionner en échange d’une prime pouvant aller « jusqu’à 8.000 euros », un dispositif qui n’est pas du tout du goût des syndicats, qui dénoncent un « plan de départs volontaires déguisé »…

«Faire autre chose avec un soutien financier »

Selon le géant de la distribution en ligne, cette proposition, baptisée « the offer » existe « partout dans le monde » et a été lancée en France en 2015. Les salariés en CDI peuvent ainsi démissionner « en échange d’une prime pouvant aller jusqu’à 8.000 euros en fonction de leur ancienneté », a expliqué une porte-parole du groupe en France. « Il s’agit d’accompagner ceux qui ont des projets personnels ou envie de faire autre chose avec un soutien financier », a-t-elle ajouté.

Cette « offre », proposée chaque année sur une période de quinze jours, « reste limitée dans le temps ». En 2017, la période s’étale du 23 janvier au 5 février. Elle a concerné « onze salariés en CDI en 2015 et 12 en 2016 » sur 3.000 CDI employés en 2016. « Un tiers d’entre eux avaient trouvé du travail ailleurs, un autre tiers ont fait ce choix pour des raisons personnelles », a-t-elle ajouté, disant ne pas savoir ce qu’il est advenu du dernier tiers.

L’inspection du travail saisie par les syndicats

Pour les syndicats, il s’agit en revanche d’un « plan de départs volontaires déguisé » et d'« une manœuvre permettant d’embaucher à moindre coût des intérimaires, précaires, à la place de CDI ». Selon Alain Jeault, (CGT) les organisations syndicales ont voté lundi une motion d’entrave, le groupe n’ayant jamais présenté ce dispositif en comité central d’entreprise (CCE), et décidé de saisir l’inspection du travail.

« Les salariés sont âgés en moyenne de 22 ans mais beaucoup ne tiennent pas à cause des cadences et s’en vont. Ils démissionnent et n’ont pas d’allocations-chômage », a expliqué Arnaud Chemain de la CGT commerce. De son côté, la CFDT a demandé « la tenue d’une réunion extraordinaire afin d’obtenir des réponses précises » sur ce dispositif.