Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a expliqué que sa centrale syndicale "attend des gestes sérieux" sur le pouvoir d'achat de la part du chef de l'Etat dont la déclaration est prévue jeudi.
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a expliqué que sa centrale syndicale "attend des gestes sérieux" sur le pouvoir d'achat de la part du chef de l'Etat dont la déclaration est prévue jeudi. — Jean-Pierre Clatot AFP

INTERVIEW

«Un conflit majeur si on déroge aux 35 heures»

François Chérèque François Chérèque, secrétaire général de la CFDT s'inquiète des annonces de Nicolas Sarkozy sur les RTT...

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT s'inquiète des annonces de Nicolas Sarkozy sur les RTT.

Quelle est la réaction de la CFDT aux mesures Sarkozy pour le pouvoir d'achat?

Le Président a fait beaucoup d'annonces éparpillées qui concernent peu de salariés. En se focalisant sur le paiement des RTT, on oublie tous ceux (la majorité) qui n'en ont pas ainsi que les chômeurs, les retraités, les salariés à temps partiel, les fonctionnaires, ceux qui travaillent dans les PME ou ceux dont le temps de travail est annualisé. Cela fait beaucoup de monde!

Mais pour les salariés concernés, c'est un progrès : plus besoin d'accords d'entreprise...

Des salariés peuvent effectivement être intéressés. Mais ce que la CFDT craint, c'est que le rachat de RTT ne se substitue à des hausses de salaire. Avec un accord collectif, on impose à l'entreprise une négociation plus large sur l'emploi et les rémunérations. Le risque, c'est qu'à l'avenir, elle puisse l'éviter en proposant directement le paiement des RTT.

Une loi est déjà en préparation. Que comptez-vous faire?

Nous avons prévenu le Premier ministre de notre désaccord, et nous surveillerons le texte de près. D'autant plus que cette question devrait être débattue avec les autres lors de la conférence sociale ce mois-ci. Les RTT monétisées sont une première entorse à la loi sur le dialogue social.

Les entreprises vont pouvoir renégocier les 35 heures. C'est la fin de la durée légale du temps de travail?

Pour nous, il n'y a aucune remise en cause des 35 heures. Toute heure effectuée au-delà de 35 heures doit rester une heure supplémentaire, payée plus selon des conditions négociées avec les syndicats, dans le cadre d'un accord majoritaire.

A entendre le ministre du Travail, chaque entreprise pourra négocier sa durée du travail, comme le souhaite le Medef. Celle qui passerait à 40 heures ne paierait en heures sup qu'à partir de 41 heures...

Xavier Bertrand a fait un raccourci ambigu de ce qu'a dit le Président. Il n'est pas question que les entreprises puissent déroger à la durée légale des 35 heures et si le gouvernement veut ouvrir ce débat, il y aura un conflit majeur avec la CFDT.

Encore une conférence en décembre, c'est efficace?

Il s'agit de fixer le calendrier de l'agenda social. La CFDT l'a demandé pour éclaircir les chantiers de 2008, en application de la loi sur le dialogue social.