Violences, blocages...Le bras de fer continue entre chauffeurs VTC et Uber

SOCIAL Le secrétaire d'Etat chargé des Transports a demandé ce samedi aux représentants des chauffeurs de VTC en colère contre la société américaine Uber de mettre fin à leur mouvement, condamnant les violences survenues en marge de la protestation...

C.P. avec AFP

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Des chauffeurs de VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur) rassemblés à Paris, Porte Maillot, pour protester contre la hausse des commissions sur les prix des courses, imposées par la société UBER, via son application mobile, le 15 décembre 2016.
Des chauffeurs de VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur) rassemblés à Paris, Porte Maillot, pour protester contre la hausse des commissions sur les prix des courses, imposées par la société UBER, via son application mobile, le 15 décembre 2016. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

« Tous à Orly ! ». Réunis ce samedi à la mi-journée Porte Maillot, à l’issue d’une nuit émaillée d’incidents dans Paris qui s’est soldée par six gardes à vue, un policier et un chauffeur blessés, plusieurs dizaines de chauffeurs de VTC (voitures de transport avec chauffeur) en grève restaient très remontés.

Estimant que la plateforme américaine Uber se « moquait » d’eux et cherchait à « gagner du temps », des représentants d’Unsa-VTC et de Capa-VTC ont appelé à de nouveaux « blocages » en ce jour de départ en vacances, notamment de l’aéroport d’Orly.

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Le gouvernement condamne les violences

Le secrétaire d’Etat chargé des Transports, Alain Vidalies, leur a demandé de mettre fin à leur mouvement, et a condamné les violences « inacceptables » survenues dans la nuit avec des non-grévistes. Il a précisé qu’il recevrait la direction d’Uber « en début de semaine ».

Les deux organisations Unsa-VTC et Capa-VTC, ainsi qu’Actif-VTC, avaient lancé jeudi une mobilisation contre les plateformes de réservation et notamment Uber, dénonçant une politique tarifaire jugée défavorable et décidée sans concertation.

Vendredi, après avoir été reçues au ministère des Transports, elles avaient décidé de cesser les blocages pendant 24 heures, pour permettre à Uber de les recevoir d’ici samedi midi.

Le géant américain, sommé par le gouvernement français de dialoguer, avait annoncé vendredi soir dans un communiqué qu’il acceptait de rencontrer les chauffeurs, disant vouloir « organiser au plus vite une table ronde sectorielle avec l’ensemble des acteurs », mais sans proposer de date.

« Uber se moque de nous », a déclaré au mégaphone Sayah Baaroun, porte-parole de l’Unsa-VTC, lors du rassemblement samedi porte Maillot.

Perturbations annoncées dimanches devant les aéroports

A Orly, vers 16h, plusieurs dizaines de VTC stationnaient sur une voie d’accès aux terminaux Sud et Ouest de l’aéroport pour empêcher les VTC non grévistes de passer, a constaté un journaliste de l’AFP. Certains ont scotché des cartes électorales sur leurs vitres, des œufs et de la farine étaient jetés sur des non-grévistes.

De source aéroportuaire, un cortège d’une centaine de véhicule se dirigeait vers l’aéroport sud-parisien.

Les chauffeurs en grève devraient rester « jusqu’à 20h-21h » à Orly, a précisé à l’AFP Sayah Baaroun. « Et demain nous recommencerons les aéroports », a-t-il dit. « Ce que nous demandons, et l’Etat est d’accord, c’est une date, et un rendez-vous officiel avec Uber sous la tutelle de l’Etat ».

« L’ubérisation », « c’est la précarisation totale »

Le but des négociations est d’avoir « un statut, salarié ou patron », a-t-il ajouté, estimant que « l’ubérisation » de la société, « c’est la précarisation totale ».

De son côté, Hassan Benbarak, de Capa-VTC, a déploré qu’Uber ait proposé une table ronde sectorielle avec l’ensemble des acteurs, et non avec les deux seuls syndicats moteurs de la mobilisation.

Il a menacé les Franciliens de « graves problèmes sur les aéroports et les gares ». « Et à partir de lundi, on bloquera les locaux d’Uber », a-t-il averti.

Six gardes à vue et dépôt d’une plainte

Dans un communiqué, Uber a appelé à « l’apaisement » tout en dénonçant les « violences » survenues dans la nuit de vendredi à samedi, évoquant des passagers « sortis de force » des véhicules, la « mise à sac » de voitures et des « violences physiques » contre des chauffeurs. La société a annoncé le dépôt d’une plainte et réclamé une protection policière.

Six personnes étaient samedi en garde à vue, certains à la suite des altercations dans la nuit entre grévistes et non-grévistes, d’autres pour avoir blessé un policier.

Selon l’entreprise de VTC Groupe Max, l’un de ses chauffeurs de 56 ans a été « roué de coups » par des VTC et devait sortir de l’hôpital dans la journée.

M. Baaroun a assuré à l’AFP avoir essayer de « calmer les troupes » mais « tant que nous n’aurons pas de date, ça va être hors de contrôle », a-t-il prévenu.