Jobs de Noël: Rythme effréné, patrons stressés, clients exigeants... Les internautes racontent

TEMOIGNAGES Des internautes ont raconté à «20 Minutes» leurs petits boulots pendant les fêtes. Et ce n'est pas toujours du gâteau...

Delphine Bancaud
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Un vendeur sur un marché de Noël strasbourgeois.
Un vendeur sur un marché de Noël strasbourgeois. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Les fêtes de fin d’année ne sont pas une période de réjouissance pour tout le monde. Pour que certains savourent des moments de convivialité, d’autres s’activent. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a du boulot. D’ailleurs, beaucoup d’entreprises embauchent des extras avant et pendant les fêtes, comme le confirme Julien André, directeur emploi du site de recrutement Vivastreet : « Nous avons publié 5.000 offres d’emploi pour cette période. Il s’agit aussi bien de jobs de baby-sitter, de vendeur en hypermarché, grand magasin, ou commerce de proximité, de préparateur de commande en entrepôt d’e-commerce ou de serveur en restauration », observe-t-il.

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Des jobs qui sont souvent occupés par des étudiants ou des demandeurs d’emploi et qui ne sont pas de tout repos. « C’est une période cruciale pour l’économie donc le rythme de travail est très soutenu. Il y a souvent de la tension au sein des équipes et l’affluence dans les commerces ou les restaurants crée de la fatigue », souligne Julien André. Une réalité dont témoigne Maurane, 25 ans, une des internautes qui a répondu à notre appel à témoins. « Etudiante, j’ai travaillé dans une boulangerie d’un supermarché. Une exploitation sans fin ! Les patrons ne pensent qu’à leurs bénéfices et au chiffre d’affaires réalisé en cette période de fin d’année », estime-t-elle.

Même son de cloche chez Bastien 21 ans, qui a travaillé trois années de suite pendant les fêtes dans une pâtisserie-salon de thé en Normandie. « La période de fin d’année étant la plus importante de l’année en termes de chiffres d’affaires, pas question de chômer. Avec des commandes astronomiques de bûches de Noël, de petits plats apéritifs gourmets et de pâtisseries, le rythme était très difficile dès la mi-novembre, où nous commencions à prendre les commandes. Il fallait se lever tôt, car dès 7h les clients attendaient déjà devant la boutique. Nos petites mains couraient partout pour préparer les vitrines avant l’ouverture. Et une fois la porte ouverte, c’était le rush, et ce, jusqu’à 19h30. Le midi nous prennions qu’une très courte pause », raconte-t-il.

Les clients nerveux et exigeants

Un rythme effréné dont se souvient aussi Murielle, qui a travaillé dans un hypermarché pendant cette période : « Je bossais le 24 et le 31 au rayon charcuterie le matin. En boulangerie en début d’après midi pour revenir en charcuterie ensuite. Et si on avait besoin de moi ailleurs, j’y allais. Caisse, poissonnerie… Beaucoup de clients râlaient à cause du monde. Ou si un produit venait à manquer », témoigne-t-elle. L’exigence des clients, Caroline, qui a travaillé dans un grand magasin parisien lorsqu’elle était étudiante, s’en souvient bien aussi : « Ils étaient pressés, mais ils tergiversaient quand même pour savoir quels cadeaux ils allaient acheter. Ils réclamaient aussi des paquets cadeaux, mais râlaient quand ça durait trop longtemps ». Bastien se souvient aussi avec horreur des grincheux des fêtes : « On avait de nombreux clients de dernière minute, qui n’avaient pas pensé à réserver la bûche de Noël et qui faisaient un scandale lorsque nous n’avions plus en stock à 19h celle qu’ils voulaient ». Dans un tout autre secteur, Coralie a eu droit au même type de râleurs : « J’ai travaillé pendant les fêtes pour un institut de sondages, en tant que télé enquêtrice. Alors qu’en temps normal les gens n’étaient déjà pas bien accueillants, pendant cette période ils sortaient carrément toutes les insultes qu’ils connaissaient », indique-t-elle.

Et avec les supérieures hiérarchiques, les relations peuvent se tendre pendant ces jours de gros boulot. C’est ce qu’à vécu Maurane. « Nous n’avions pas le droit à l’erreur ni de traîner. Par cela j’entends mettre un peu plus de temps que prévu pour couper du pain ou servir un client. Nous devions également servir plusieurs personnes à la fois, ce qui nous faisait parfois perdre le fil. J’ai plusieurs fois eu des accrochages avec mes différents supérieurs : chef boulangerie, chef du secteur frais. Heureusement, les collègues étaient tout le temps là pour m’aider, mais également me conseiller en cas d’erreur », confie-t-elle. « Pendant cette période, les relations entre un chef de rayon et un employése limitaient à des directives. L’ambiance était pesante à force », estime de son côté Caroline.

« J’étais claquée le soir du réveillon »

Pour certaines personnes, ces jobs de Noël ont carrément brisé la magie de Noël. « Le 24 au soir, j’ai fini à 20h45. De ce fait, je n’ai pas pu profiter de ma soirée en famille pour célébrer Noël. A minuit, j’étais au lit, épuisée de ma journée de la veille. Je n’ai pas non plus pu partager la préparation du repas ou tout simplement l’ambiance de Noël », témoigne Maurane. « J’étais claquée le soir du réveillon », raconte aussi Murielle.

Mais au fait, travailler pendant les fêtes, est-ce vraiment une bonne opération financièrement ? « Dans la restauration, les pourboires peuvent représenter jusqu’à un deuxième salaire sur un mois, car les clients sont souvent généreux en cette période » observe Julien André. Et dans le commerce,travailler le dimanche ou les jours fériés peut être très intéressant, comme le souligne Caroline : « J’étais payée double le dimanche, ça motive quand on est étudiant ».

Reste que tous les travailleurs de Noël ne sont pas logés à la même enseigne : « J’ai bossé de nuit dans un hôtel le soir de Noël pas un seul euro de prime », raconte Nicolas. « Cela arrive que les heures supplémentaires ne soient pas rémunérées ou que le travail les dimanches et les jours fériés ne soient pas payés double alors que la convention collective du secteur l’exige », constate Julien André. « D’où l’intérêt de faire relire son contrat de travail par une personne plus aguerrie avant de signer », souligne-t-il. Et de ne pas accepter n’importe quel job de Noël…