Croissance limitée en 2016 et chômage en léger recul en 2017, selon l'Insee

PREVISION L’Insee a publié ce jeudi sa note de conjoncture…

C.P. avec AFP

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Illustration d'une femme faisant ses courses dans un supermarché.
Illustration d'une femme faisant ses courses dans un supermarché. — A. Gelebart/20 Minutes/SIPA

Que réservera 2017 à l’économie française ? L’Insee a livré ce jeudi ses prévisions dans sa note de conjoncture.

Poursuite des créations nettes d’emplois d’ici à la mi-2017

Le taux de chômage, après un coup d’arrêt au 3e trimestre 2016, devrait ainsi reprendre sa « légère » décrue jusqu’à la mi-2017, pour atteindre 9,5 % de la population active en métropole et 9,8 % avec l’outre-mer.

L’indicateur resterait donc supérieur à son niveau du début du mandat de François Hollande (9,3 % en métropole, 9,7 % en France entière). La petite baisse attendue serait due à une poursuite des créations nettes d’emplois d’ici à la mi-2017 (104.000, dont 88.000 dans le secteur marchand), qui suffirait à absorber la hausse de la population active (+65.000).

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Croissance ralentie en 2016

En revanche sur le front de la croissance, l’Insee a abaissé sa prévision de 1,3 % à 1,2 % en 2016 en France. Selon la note de conjoncture trimestrielle de l’institut de statistique, le produit intérieur brut (PIB) devrait augmenter de 0,4 % entre octobre et décembre, soit une accélération notable après les 0,2 % enregistrés cet été.

La croissance devrait ensuite se maintenir sur un rythme modéré, avec 0,3 % au premier trimestre puis 0,4 % au deuxième trimestre, grâce notamment à la bonne tenue de l’investissement, de la consommation et des exportations.

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La prévision de l’Insee, qui avait déjà abaissé en juin sa prévision de croissance 2016 de 1,6 % à 1,3 %, en raison du trou d’air traversé par l’économie française au deuxième trimestre (-0,1 %), est désormais conforme avec celle de l’OCDE, qui parie sur 1,2 % cette année.

L’Insee est en revanche plus pessimiste que la Commission européenne et la Banque de France, qui anticipent une hausse du PIB de 1,3 % en 2016, et a fortiori que le gouvernement, qui espère encore atteindre 1,4 % de croissance cette année.

« L’intégration des mauvais résultats en matière de production agricole » est à l’origine de cette nouvelle révision à la baisse, explique Dorian Roucher, responsable de la synthèse conjoncturelle à l’Insee. Les mauvaises conditions météorologiques en 2016, avec notamment les inondations du printemps, ont en effet fortement pénalisé les récoltes céréalières et viticoles. Et, par ricochet, les exportations françaises, à la peine ces derniers mois.

« Au total, les mauvaises récoltes vont coûter 0,2 point à la croissance française. Ce n’est pas négligeable », insiste Dorian Roucher, qui estime que les à-coups trimestriels observés en 2016 ne remettent pas en cause la dynamique globale de reprise.

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Dynamique de reprise en 2017

Outre un retour à la normale de la production agricole, l’économie française devrait bénéficier de plusieurs facteurs favorables, qui pourraient lui permettre de retrouver quelques légères couleurs au cours des prochains mois.

La consommation, tout d’abord, devrait se maintenir à un niveau élevé (+0,3 % au premier et au deuxième trimestre 2017, après +0,5 % au quatrième trimestre 2016), malgré un ralentissement du pouvoir d’achat lié au léger regain d’inflation.

L’investissement des entreprises, autre moteur important pour la croissance, devrait également retrouver du tonus (+0,8 % au premier trimestre 2017 et +0,5 % au deuxième), après s’être replié ces derniers mois.

Quant aux exportations, elles devraient repartir de l’avant, portées par le dynamisme économique de l’Allemagne et de l’Espagne, mais aussi par la livraison de plusieurs grands contrats navals et aéronautiques.

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