Le PS grille Sarkozy sur le pouvoir d’achat

Sa. C. avec AFP

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Dix ans après son accession au mandat de premier secrétaire du PS, François Hollande n'a plus sur son parti qu'une autorité affaiblie par deux défaites consécutives à l'élection présidentielle et un grave échec au référendum de 2005 sur l'Europe.
Dix ans après son accession au mandat de premier secrétaire du PS, François Hollande n'a plus sur son parti qu'une autorité affaiblie par deux défaites consécutives à l'élection présidentielle et un grave échec au référendum de 2005 sur l'Europe. — Franck Fife AFP

«Augmenter les salaires, baisser les prix des produits alimentaires, diminuer le coût du logement, maîtriser le prix de l'énergie.» Les lignes directrices du projet du Parti socialiste en matière de pouvoir d’achat sont ambitieuses.

Mardi, le Bureau national du PS a adopté dix propositions, tentant ainsi de mettre sous pression la majorité sur un sujet que doit aborder jeudi Nicolas Sarkozy et que l'opinion juge prioritaire. Objectif affiché par le PS: aller plus loin que la loi Chatel, adoptée dans la nuit de mardi à mercredi par les députés de la majorité.

Onze mesures

Principales propositions du PS: le doublement de la prime pour l'emploi, l'encadrement des tarifs du gaz et de l'électricité, l'abrogation des marges arrière (remises des fournisseurs aux grandes surfaces pour la promotion de leurs produits dans les rayons) et l'instauration de «class actions» (recours de consommateurs devant la justice).

Le parti de François Hollande réclame aussi «l'encadrement des loyers pour l'année 2008» qui seraient «indexés sur le coût de la vie», une diminution des taxes sur l'essence par le biais du rétablissement de la TIPP flottante, ou encore «la généralisation du chèque transport», décrié mardi par François Fillon, pour aider à financer les déplacements des salariés.

Au chapitre des salaires, les socialistes préconisent «une conférence pour augmenter le smic et les rémunérations» et qui aurait pour objet de consentir des exonérations de charges sociales aux entreprises qui «augmentent effectivement les salaires», selon François Rebsamen. Un système de bonus-malus est également étudié pour inciter les entreprises à moins recourir au temps partiel et au travail précaire.

Taxe sur les profits pétroliers

Sont aussi prônés «un plan de rattrapage des traitements dans la Fonction publique» et «une revalorisation des petites retraites», alors que la loi sur la sécurité sociale, tout juste votée au Parlement, limite cette hausse à 1,1%. Pour faire baisser les prix alimentaires, le PS propose notamment une réduction d'un demi-point de la TVA (qui serait ramenée à 5%) sur les produits de première nécessité. Enfin, le PS avance l'abandon des franchises médicales et le maintien de l'exonération de la redevance audiovisuelle pour les plus de 65 ans comme pistes à suivre.

D'un coût de six milliards d'euros, ces mesures seraient financées pour moitié par «une taxation des super-profits pétroliers» et pour l'autre par «une taxation des stock-options», a précisé mardi François Rebsamen, numéro deux du PS.

Pour finir, le PS tire à boulets rouges sur le paquet fiscal. Michel Sapin, secrétaire national du PS à l'Economie, a affirmé mardi que non seulement il n'avait «eu aucun effet sur le pouvoir d'achat», mais qu'en plus le gouvernement avait «pris des décisions qui diminuent le pouvoir d'achat» (franchises médicales, paiement de la redevance audiovisuelle par les personnes âgées, sauf les plus démunies). Les députés PS défendront jeudi ces mesures en soumettant à l’Assemblée une proposition de loi. Qui a toutefois peu de chance d’être adoptée par les députés.