Gauloises, News, Royale... La dernière usine de cigarettes en France va fermer au second semestre 2017

SOCIAL L'usine Seita de Riom, filiale française du géant britannique, emploie plus de 200 salariés, et le centre de recherche situé dans le Loiret, près de 90 personnes...

20 Minutes avec agences

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Le sigle de l'entreprise "Seita-Imperial tobacco" à Carquefou en France, le 15 avril 2014
Le sigle de l'entreprise "Seita-Imperial tobacco" à Carquefou en France, le 15 avril 2014 — Jean-Sebastien Evrard AFP

Les 239 employés de l’usine Seita de Riom (Puy-de-Dôme) qui fabriquent les paquets de cigarettes de marques Gauloises, News, JPS et Royale et les 87 personnes qui travaillent au centre de recherche de Fleury-les-Aubrais, dans le Loiret, sont inquiets.

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La dernière fabrique de cigarettes en France continentale, filiale française du britannique Imperial Tobacco, va fermer l’an prochain, tout comme le centre du Loiret. Seita, numéro deux du marché du tabac en France, « a annoncé à son Comité central d’entreprise (CCE) réuni ce mardi qu’elle envisageait de se désengager des sites de Riom et de Fleury-les-Aubrais » et ce à partir du « second semestre 2017 », selon un communiqué transmis à l’AFP.

« On s’y attendait mais pas de manière aussi brutale »

« Ça fait deux jours qu’on s’en doutait mais ils viennent de nous l’annoncer. Les gens sont un peu abasourdis », a témoigné Ludovic Gotiaux, délégué syndical et délégué du personnel CGT du site de Riom.

« On s’y attendait mais pas de manière aussi brutale. Je travaillais à Riom depuis le mois de juillet après avoir connu une mutation brutale après la fermeture de Nantes. A 50 ans je n’avais pas le choix. Là, c’est un nouveau coup de massue. Ma famille est sous le choc, mes enfants très inquiets », a réagi Michel Nicole, salarié du site de Riom.

Seita conserve sa petite usine de cigarettes en Corse

Après la fermeture de l’usine de Carquefou (Loire-Atlantique) en 2014, Riom était la dernière fabrique de cigarettes en activité en France continentale. Seita conserve toutefois une petite usine de cigarettes en Corse, la Macotab (Manufacture corse de tabacs) située à Furiani (Haute-Corse), qui produit pour le seul marché local.

Alors que l’industrie du tabac subit de plein fouet « des législations européennes anti-tabac qui ne cessent de se durcir », Seita a mis en avant dans un communiqué « la chute continue de ses ventes dans ses principaux marchés » et un « déficit de compétitivité vis-à-vis de ses concurrents, implantés majoritairement dans les pays de l’Est où les coûts de production sont nettement inférieurs » pour expliquer ces fermetures.

Le nombre de fumeurs a diminué de 37 % en Europe

La filiale a annoncé qu’elle s’engageait « dans une phase de recherche intensive de repreneurs pour ces sites en privilégiant des solutions de reconversion susceptibles d’assurer la viabilité des sites et d’offrir des perspectives d’emploi ».

Selon Seita, entre 2002 et 2015, le nombre de fumeurs a diminué de 37 % en Europe. En France, au cours de la même période, les achats de tabac ont chuté de 44 %. De son côté, Imperial Tobacco, historiquement implanté en Europe, a produit en 2016 64 milliards d’équivalents cigarettes en moins qu’en 2012, soit une baisse de 19 % de sa production.

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