Près de 600.000 ménages impactés par la modulation des allocations familiales

PRESTATIONS SOCIALES « Essentiellement » parmi les 20 % les plus aisés…

20 Minutes avec AFP

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La Caisse des allocations familiales de la rue de Berne à Strasbourg. (Illustration)
La Caisse des allocations familiales de la rue de Berne à Strasbourg. (Illustration) — G . VARELA / 20 MINUTES

Depuis la modulation des allocations familiales, en fonction des revenus, pour près de 600.000 ménages, « essentiellement » parmi les 20 % les plus aisés, ont observé une baisse des prestations, selon une étude de l’Insee publiée ce mardi.

Entrée en vigueur en juillet 2015, cette réforme a mis fin à l’uniformité des allocations familiales. Avant cette date et depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le même montant était versé à toutes les familles à partir de deux enfants, en fonction de leur nombre.

Plafonnement

Désormais, des plafonds sont appliqués. Ainsi, pour les familles qui ont deux enfants, les montants sont réduits de moitié quand les ressources annuelles dépassent 6.000 euros net par mois. Au-dessus de 8.000 euros, elles sont divisées par quatre.

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Cela « diminue le revenu disponible total de 800 millions d’euros, soit une perte annuelle moyenne de 1.370 euros pour les 590.000 ménages concernés », souligne l’Insee dans l’édition 2016 de son « Portrait social de la France ». Mardi matin, la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a fustigé le programme de François Fillon, vainqueur du premier tour de la primaire de la droite, qui envisage de revenir sur la modulation des allocations familiales.

Justice sociale

Mesure de « justice sociale » pour le gouvernement, atteinte à « l’universalité » pour ses adversaires, la réforme a touché 9 % des familles, selon la ministre. De manière plus générale, les 30 % de ménages les plus aisés ont connu une légère baisse de leur niveau de vie, « de l’ordre de -0,1 % à -0,4 % » en raison des diverses réformes fiscales et de prestations intervenues en 2015.

A l’inverse, les 10 % de ménages les plus modestes ont vu le leur augmenter de 0,9 %, grâce notamment à une nouvelle revalorisation exceptionnelle de 2 % du RSA (revenu de solidarité active). Au bout du compte, les réformes de 2015 ont contribué à « légèrement diminuer les inégalités », souligne l’Insee, même si leur impact sur le niveau de vie moyen « est globalement neutre ».