Megabus en faillite: Les chauffeurs en grève pour tenter de négocier un plan social de haut niveau

BUS MACRON Les 175 salariés de Megabus.com France, «en faillite et cessation d'activité», «subissent de plein fouet les effets de la loi Macron» de 2015, selon les syndicats…

C.P. avec AFP

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En gare de Dijon et a destination de Paris, des voyageurs embarquent dans un autocar de la societe britannique de transport Megabus, filiale du groupe Stagecoach.
En gare de Dijon et a destination de Paris, des voyageurs embarquent dans un autocar de la societe britannique de transport Megabus, filiale du groupe Stagecoach. — LODI FRANCK/SIPA

Les 170 salariés de Megabus sont en grève ce vendredi. Objectif : peser sur leur employeur pour obtenir un plan social de haut niveau, alors que l’autocariste de Megabus.com France est « en faillite et cessation d’activité ».

Salariés prochainement « mis au chômage »

Lancée dans le sillage dela libéralisation du marché créée par la loi Macron, la compagnie, qui compte 34 autocars et 175 salariés, cessera prochainement ses activités, privée de son unique contrat de prestation avec l’allemand Flixbus.

Les salariés de la filiale du groupe britannique Stagecoach, vont de leur côté être prochainement « mis au chômage », a déploré mercredi dans un communiqué une intersyndicale CGT-Unsa-CFDT.

L’été dernier, Stagecoach a vendu « l’activité commerciale et marketing » de l’autocariste français à son concurrent allemand Flixbus pour « 26 millions de livres », relate Natasha Pinçon, représentante du personnel.

Megabus a alors poursuivi son activité en France en tant que sous-traitant de Flixbus, son unique client. Mais ce dernier a mis fin au contrat quelques semaines après, précipitant la cessation d’activité du transporteur, selon la représentante.

Le groupe allemand « a racheté notre activité sans reprendre les salariés (en violation de la loi) », accuse l’intersyndicale.

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« Les négociations sont au point mort ».

Jeudi, au lendemain d’une rencontre infructueuse avec leur employeur pour réclamer un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) avec un « reclassement pour tous les salariés » et « une indemnisation (du) préjudice subi », une grève a été lancée par une intersyndicale CGT- CFDT-Unsa.

« Les négociations sont au point mort », l’autocariste « ne propose que 2.000 euros » d’indemnités supralégales de licenciement, insuffisant au regard du « préjudice subi » pour la représentante du personnel.

Ce vendredi, ils ont décidé de faire entendre leur revendication sous les fenêtres de Bercy : un rassemblement était prévu à 11h devant le ministère de l’Economie, où une délégation doit être reçue par des représentants de Bercy, du Travail et des Transports, selon des sources concordantes.

Il y a un an, « ils nous ont démarchés », « vendu du rêve ». « On a tous quitté des CDI », certains ont déménagé, acheté des maisons à crédit, pour aujourd’hui « nous dire "Merci, au revoir" », résumait ce vendredi un gréviste

« Miroir aux alouettes » de la loi Macron ?

« Nous sommes pleinement conscients que nos collaborateurs traversent une période d’incertitude quant à leur devenir », a répondu la direction de Megabus dans une déclaration transmise à l’AFP.

Le mouvement de grève, a-t-elle ajouté, « n’est pas dans l’intérêt des salariés, et nous craignons qu’il ne compromette les efforts que nous déployons dans la recherche de la meilleure solution possible ».

Megabus France, propriété du groupe britannique Stagecoach, est pour la CGT-Transports une première illustration des « effets de la loi Macron », un « miroir aux alouettes » pour le syndicat SNTL-Unsa.

Quinze mois après son ouverture, le marché du transport de passagers par autocars enregistre un net succès commercial, mais la guerre des prix a précipité la concentration du secteur et les créations d’emplois restent limitées (1.350 selon l’Arafer, le régulateur du rail et de la route).