Electricité: EDF va étaler la fermeture temporaire de cinq réacteurs nucléaires

ENERGIE A la demande de l’Autorité de sûreté nucléaire, EDF va fermer cinq réacteurs pour vérifications alors qu’un tiers environ du parc nucléaire d’EDF est déjà à l’arrêt…

20 Minutes avec AFP

— 

Le site du Tricastin (Drôme), photographié en novembre 2011.
Le site du Tricastin (Drôme), photographié en novembre 2011. — Michel Euler/NBC/AP/SIPA

Va-t-on manquer d’électricité cet hiver ? Pas forcément, selon EDF qui a annoncé ce vendredi qu’il allait étaler jusqu’à la mi-janvier la fermeture temporaire de cinq réacteurs nucléaires en France demandée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), afin de procéder à des vérifications sur des équipements clés susceptibles de présenter une teneur en carbone excessive.

Ces cinq réacteurs font partie des 18 réacteurs passés au crible par l’électricien public à la suite de la détection d’une anomalie dans la composition de l’acier de leurs générateurs de vapeur, similaire à celle touchant le couvercle et la cuve de l’EPR en construction à Flamanville (Manche).

Sept réacteurs déjà à l’arrêt et six déjà repartis

Dans l’ordre chronologique de fermeture, les installations concernées sont : le réacteur 4 de la centrale de Tricastin (Drôme, du 22 octobre au 19 décembre), le réacteur 1 de Fessenheim (Haut-Rhin, du 10 décembre au 3 janvier 2017), le réacteur 4 de Gravelines (Nord, du 17 décembre au 10 janvier), le réacteur 1 de Civaux (Vienne, du 23 décembre au 15 janvier) et le réacteur 2 de Tricastin (du 23 décembre au 15 janvier).

Sur les 18 réacteurs concernés, sept sont déjà à l’arrêt (Civaux 2, Dampierre 3, Gravelines 2, Tricastin 1 et 3, Saint-Laurent B2 et Bugey 4) tandis que six autres ont déjà obtenu le feu vert de l’ASN pour redémarrer et « fonctionnent normalement », précise-t-il.

Royal a écrit au PDG d’EDF

Pas rassurée pour autant, la ministre de l’Environnement et de l’Energie, Ségolène Royal, a écrit à EDF pour lui enjoindre d’assurer la continuité de l’approvisionnement en électricité du pays.

« Il est impératif qu’EDF se prépare à maîtriser la situation pour assurer la continuité de l’approvisionnement », écrit la ministre dans son courrier adressé au PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, daté du 10 octobre et dévoilé par Le Parisien.

« Nous connaissons actuellement une situation plus difficile qu’habituellement, a répondu Jean-Bernard Lévy le 14 octobre. Nous mettons tout en œuvre pour nous assurer qu’un maximum de réacteurs nucléaires seront en situation de fonctionner entre le début de mois de décembre et la fin du mois de février, période la plus exigeante du point de vue des besoins en électricité. »

Se disant « confiant » dans la sûreté des installations du groupe, il estime « faible » le risque de devoir déployer des mesures de baisses de tension, de délestage ou d’effacement (réduction volontaire par certains clients de leur consommation d’électricité).

Les prix de gros de l’électricité en hausse

Pour éviter la répercussion de ces fermetures sur le marché de gros et « des effets spéculatifs », EDF a toutefois demandé au gouvernement de prendre « toutes les mesures nécessaires, dans le cadre du mécanisme d’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh), incluant, le cas échéant, la suspension temporaire du dispositif » qui oblige EDF à revendre à ses concurrents une partie de son électricité nucléaire.

La fermeture des cinq réacteurs intervient alors qu’un tiers environ du parc nucléaire d’EDF est déjà à l’arrêt, notamment pour des maintenances techniques planifiées. Ces indisponibilités ont fait grimper les prix de gros de l’électricité ces dernières semaines, alors que l’atome produit environ trois quarts de l’électricité en France.