«Suppressions de postes» contre «plan de départs volontaires»... Chez PSA, direction et CGT s'affrontent

AUTOMOBILE La direction a détaillé lundi face aux syndicats un plan prévoyant un peu plus de 2.000 départs en 2017 lors d'un comité central d'entreprise (CCE)...

Helene Sergent

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L'usine PSA Peugeot-Citroen de Poissy. Photo d'illustration.
L'usine PSA Peugeot-Citroen de Poissy. Photo d'illustration. — CHAUVEAU/SIPA

Deux ans après avoir frôlé la faillite, le constructeur automobile PSA Peugeot-Citroën a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 56,3 milliards d’euros, un premier résultat positif enregistré depuis 2010. Ce lundi pourtant, la confusion régnait à la sortie du Comité central d’entreprise réunissant direction et syndicats.

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La publication dans la matinée sur le site de la chaîne d’information en continue, FranceInfo, d’extraits de documents internes faisant état de la suppression de 2.133 postes en 2017 a particulièrement échaudé la CGT, seul syndicat a ne pas avoir signé l’accord social triennal conclu en juillet avec les organisations majoritaires.

« Inacceptable et injustifié »

Joint par 20 Minutes à la sortie du CCE, Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT, ne décolère pas : « Je savais que la direction allait annoncer 2.133 suppressions d’emplois et c’est ce qu’elle a fait sous forme de 983 départs en préretraite (congés séniors), et de 1.025 départs volontaires qui sont de moins en moins volontaires. Cela signifie plus de travail pour ceux qui restent, plus de pressions. Pour nous c’est un plan inacceptable et injustifié. »

Une analyse que ne partagent pas les autres centrales syndicales. « Ces annonces sont conformes aux éléments fournis en juillets. Les départs volontaires sont des départs sécurisés en externe, cela signifie qu’un salarié peut trouver un autre employeur mais revenir chez PSA au bout de deux ans si ça ne lui convient pas. Ces départs se feront sur l’ensemble des sites, notamment ceux qui sont réorganisés comme Poissy ou Rennes. L’ensemble de ces mesures sont privilégiées par les salariés, nous n’avons pas à subir des licenciements secs douloureux et moins profitables d’un point de vue financier », précise Christine Virassamy, déléguée CFDT chez PSA.

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Des mesures désormais connues des salariés puisque l’entreprise a eu recours à des plans similaires ces quatre dernières années : « On est dans une continuité, il n’y a rien de nouveau », ajoute Christian Lafaye de Force Ouvrière, signataire de l’accord « Nouvel Elan pour la Croissance » adopté en juillet. La direction de son côté a fermement refusé d’évoquer des « suppressions de postes » soutenant qu’aucun « licenciement sec » n’était à l’ordre du jour.

Une situation « contradictoire »

Autre point évoqué ce lundi, les 1.000 embauches en CDI étalées entre 2017 et 2019, également annoncées en juillet dernier et 2.000 postes créés par an : « Mais ce sont des emplois jeunes, des CDD, des stages. Ils vont rester six mois puis quitter l’entreprise ! On veut des emplois pérennes, que ces jeunes soient embauchés en CDI. L’entreprise a déjà supprimé 17.000 emplois en France et nage dans les milliards. On demande simplement qu’à chaque départ, il y ait une embauche en CDI », tonne Jean-Pierre Mercier de la CGT.

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Pour Bertrand Rakoto, consultant automobile, la situation de PSA est « contradictoire » : « L’entreprise est plutôt en bonne santé au regard de ses comptes mais elle dispose d’une faible capacité d’investissement. Quant au plan de départs volontaires, cela fait bientôt quatre ans que l’entreprise y a recours et on voit bien que ce n’est pas la panacée. En général, les gens qui décident de partir sont ceux qui savent qu’ils pourront trouver quelque chose ailleurs ».

500 des 1.000 contrats en CDI devraient toutefois être signés d’ici le 31 décembre prochain et un nouveau Comité central d’entreprise devrait se tenir en novembre.