La croissance française rebondit mais pas assez

ECONOMIE La hausse de 0,7% au troisième trimestre s’avère insuffisante pour tenir l’objectif gouvernemental...

avec AFP

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LLe gouvernement a annoncé samedi un doublement de la prime à la cuve de fioul pour les ménages les plus modestes tandis que les distributeurs pétroliers n'ont fait que renouveler leur promesse de freiner l'envolée des prix des carburants à la pompe.
LLe gouvernement a annoncé samedi un doublement de la prime à la cuve de fioul pour les ménages les plus modestes tandis que les distributeurs pétroliers n'ont fait que renouveler leur promesse de freiner l'envolée des prix des carburants à la pompe. — Jean Ayissi AFP

Christine Lagarde avait bien vu. Après un deuxième trimestre décevant, la croissance française a enregistré un net rebond au troisième trimestre avec une hausse du PIB de 0,7%. Ces bons résultats devraient toutefois s'avérer insuffisants pour atteindre l'objectif d'au moins 2% fixé par le gouvernement en 2007.

Un quatrième trimestre moins bon

La «correction technique» attendue par l'Insee au troisième trimestre a bien eu lieu, mais de nombreux économistes estiment que même si ce chiffre - comparable à celui de l'Allemagne et de la zone euro - est «rassurant», une telle performance ne pourra être rééditée entre octobre et décembre.

En effet, même si l'acquis de croissance s'élève à 1,8% fin septembre, «il faudrait, pour atteindre la symbolique barre des 2%, que la croissance du quatrième trimestre s'élève encore à 0,7%», ce qui semble impossible au vu des derniers indicateurs disponibles, souligne Nicolas Bouzou, du cabinet Asterès.

«Dès le quatrième trimestre, la donne devrait nettement changer», renchérit Marc Touati (ACDEFI), citant notamment «le plongeon de la production industrielle en septembre, mais aussi la baisse de la confiance des industriels et des ménages depuis trois mois».

L’objectif de 2% maintenu

L'Institut national de la statistique lui-même ne voyait pas de raison mercredi pour réviser à la hausse sa prévision de croissance pour le quatrième trimestre, qui devrait se solder par une progression de 0,5% du produit intérieur brut. L'acquis de croissance à la fin septembre est «un petit peu plus élevé» qu'attendu et la croissance serait donc comprise entre 1,8% et 1,9% sur l'ensemble de l'année, a indiqué Eric Dubois, chef du département conjoncture de l'Insee.

Une prévision en ligne avec celle de la plupart des économistes, comme le reconnaît la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui maintient pourtant l'objectif du gouvernement d'au moins 2%. «L'objectif du gouvernement n'est pas modifié et j'attends de voir avec sérénité», a-t-elle déclaré dans un entretien au «Monde».

Les ménages ont tiré la croissance

Comme toujours, ce sont les dépenses de consommation des ménages qui ont tiré la croissance, souligne l'Insee. Elles ont accéléré (+0,8%) au troisième trimestre et contribuent pour 0,4 point à l'évolution du PIB. Le commerce extérieur, qui avait lourdement pesé sur la croissance au deuxième trimestre (-0,3 point) y contribue cette fois-ci légèrement (+0,1 point). Troisième pilier de la croissance, l'investissement total a progressé de 0,6% (+0,4% au trimestre précédent).