PSA préparerait des centaines de départs en 2017 mais conteste toute suppression de postes

AUTOMOBILE Depuis 2013, le constructeur automobile français a déjà supprimé 17.000 postes...

C. A. avec AFP

— 

Une employée du groupe PSA Peugeot Citroën dans une usine de Mulhouse le 29 avril 2015
Une employée du groupe PSA Peugeot Citroën dans une usine de Mulhouse le 29 avril 2015 — SEBASTIEN BOZON / AFP

Après SFR et Alstom, la nouvelle a tout d'une énième sortie de route pour l'emploi.   Le groupe PSA pourrait en effet recourir en 2017, et pour la quatrième année consécutive, à des départs volontaires et à d’autres mesures pour éviter des « plans collectifs de licenciements économiques avec phase contrainte ». Selon un document interne consulté ce lundi par l’AFP, confirmant en partie une information de  franceinfo, il est question de centaines d'emplois.

Pas de licenciements secs

Côté départs, la direction miserait sur une hausse des « mobilités externes sécurisées » (projet professionnel vers un autre employeur, congé de reclassement ou de transition professionnelle, etc.), espérant convaincre « au moins 1.025 salariés » contre 650 espérés en 2016.

En revanche, elle n’envisagerait que 983 « congés seniors » l’année prochaine, là où près de 1.600 étaient attendus en 2016. Ce dispositif permet aux salariés de partir plusieurs années avant l’âge légal de retraite (jusqu’à 5 ans à Rennes et Poissy) avec 70 % ou 75 % de leur rémunération brute.

Des congés « longue durée » seraient aussi prévus pour environ 125 salariés. Payés 600 euros brut par mois et assortis d’une prime, ils permettent aux volontaires de quitter l’entreprise pendant deux ans maximum.

Des ventes en hausse mais un avenir qui nécessite de la « prudence »

Franceinfo avance de son côté que le groupe PSA compte supprimer 2.133 postes en 2017 dans ses usines françaises. « Ce quatrième plan de 2.133 suppressions d’emplois sous forme de préretraite et de départs de moins en moins volontaires est inacceptable et totalement injustifié », a réagi la CGT de PSA ce lundi dans un communiqué. Ce plan « se fait en toute complicité avec le gouvernement », dénonce-t-elle. L’Etat est actionnaire de PSA à hauteur de 14 %.

Aucune indication n’est donnée concernant les recrutements selon le document consulté. Le constructeur rappelle toutefois l’objectif de 1.000 embauches en CDI d’ici à la fin 2019, fixé dans l’accord triennal conclu en juillet avec les syndicats majoritaires.

PSA souhaite à nouveau, comme cette année, faire entrer « plus de 2.000 jeunes » dans l’entreprise via l’apprentissage, des contrats de professionnalisation ou encore des stages.

PSA dément toute suppression de poste

La marque au lion a depuis 2013 déjà supprimé 17.000 postes. Malgré des ventes en hausse de plus de 7 % en Europe au premier semestre 2016, la direction justifie cette décision en expliquant aborder l’avenir « avec prudence », sur fond de Brexit et de chute des ventes de véhicules Diesel.

>> A lire aussi : L'usine PSA de Poissy au chômage partiel à cause du Brexit

Ces suppressions de postes seront l’objet de débats lors d’un comité central d’entreprise (CEE) extraordinaire qui doit se tenir ce lundi après-midi au siège de PSA Peugeot-Citroën à Paris, indique franceinfo.

Du côté de la direction, on confirme qu’il sera bien question d’emploi lors de ce CEE, mais que « tout plan de suppression de postes » est exclu. « Ce n’est pas à l’ordre du jour », a indiqué un porte-parole du groupe à L’Express.