Ex-Dia : Les 48 employés sans salaire depuis trois mois enfin «libérés» par la justice

SOCIAL Le tribunal de commerce de Paris a prononcé ce jeudi la liquidation judiciaire de la société qui ne paye pas ses salariés depuis plus de trois mois…

Céline Boff
— 
Six des 48 employés des magasins Dia rachetés par Gastt au groupe Carrefour.
Six des 48 employés des magasins Dia rachetés par Gastt au groupe Carrefour. — C.B.

Ils sont enfin « libres ». Pas payés depuis plus de trois mois, les 48 employés de huit magasins Dia, rachetés par la société Gastt Expansion au groupe Carrefour fin mai, sont soulagés : le tribunal de commerce de Paris a prononcé ce jeudi la liquidation de leur repreneur.

Ils sont donc « délivrés » de leur contrat de travail, qui les empêchait jusque-là d’accepter un autre emploi ou de percevoir des indemnités chômage. Depuis le 7 juillet, ces salariés sans travail – les magasins repris n’ont jamais rouvert – et sans ressource sont contraints de  auprès des banques et des services sociaux pour obtenir quelques euros et ainsi « pouvoir nourrir leurs familles ».

Versement de l’AGS et offre d’emploi de Carrefour

Ce jeudi, les employés du magasin d’Avesne-sur-Helpe (Nord) ont reçu les premiers versements de l’AGS, le régime de garantie des salaires. Les autres salariés devraient percevoir ces sommes dans les jours qui viennent. « Je suis tellement soulagée pour eux », commente Nathalie Lerouge, déléguée syndicale FGTA-FO dans le Pas-de-Calais.

Ce syndicat soutient les employés . Il avait demandé dès le mois d’août à Carrefour de les réintégrer dans ses effectifs. Ce que le groupe a finalement accepté : les 48 employés seront reçus dans les prochains jours en entretien individuel par Erteco, la filiale de Carrefour chargée de gérer le parc Dia en France. « Un poste leur sera proposé dans leur région et s’ils l’acceptent, ils seront repris avec leur ancienneté, leur statut et leur qualification », se réjouit Nathalie Lerouge.

Mais tous les salariés ne se réjouissent pas : « Je ne suis pas sûre de vouloir retravailler dans la grande distribution… Carrefour s’est montré si léger dans cette vente ! Maintenant, quand je vais faire mes courses dans l’un de ses magasins, j’ai à chaque fois la nausée », confie à 20 Minutes l’une des salariées.

« Tout cela a été tellement dur et humiliant »

Si elle se sent « soulagée » par la décision du tribunal de commerce, cette jeune femme se dit également « déprimée » : « Je n’ai pas pu vivre pendant trois mois. J’avais vraiment l’impression d’être attachée à un poteau… Ce matin encore, j’ai dû emprunter 20 euros à mon banquier pour pouvoir acheter du lait, des fromages et du pain. Tout cela a été tellement dur et humiliant », nous raconte-t-elle avant de fondre en larmes.

« Ils ont vraiment vécu l’enfer… Ça a été un choc psychologique pour eux, mais nous ne les lâcherons pas. Une aventure comme cela, ça crée des liens », réagit Nathalie Lerouge. Les salariés qui n’accepteront pas une réintégration dans le groupe Carrefour bénéficieront d’un .

Après  de l’espagnol Dia en novembre 2014, Carrefour s’était vu imposer par l’Autorité de la concurrence d’en céder 56 pour cause de position dominante dans certaines zones. C’est dans ce cadre que l’enseigne en avait vendu huit à la société Gastt Expansion.