Dans le site de production de la papeterie Canson à Annonay (Ardèche)
Dans le site de production de la papeterie Canson à Annonay (Ardèche) — NAHASSI/SIPA

ECONOMIE

Le papier Canson devient italien

Le rachat du papetier ardéchois par le groupe italien Fila (Fabbrica Italiana Lapis ed Affini) a été finalisé ce mercredi…

C’est la coqueluche des cours d’arts plastiques : tous les collégiens français ont pu manipuler ces grandes feuilles de papier à dessin au grain si particulier. Depuis mercredi, la papeterie Canson, fondée en 1557 en Ardèche, a changé de mains : l’italien Fila (Fabbrica Italiana Lapis ed Affini) a indiqué mercredi dans un communiqué avoir acquis pour 85 millions d’euros l’entreprise détenue depuis 2007 par le Français Hamelin.

Avec cette cession, le groupe normand Hamelin souhaite se « recentrer sur son cœur de métier », à savoir les fournitures scolaires et le matériel de bureau, notamment en développant ses marques Oxford (cahiers, feuilles, etc.) et Elba (classeurs). L’Italien Fila qui est spécialisé dans la fabrication d’articles d’écriture et de dessin – avec des marques comme les crayons de couleur Giotto - souhaiter lui, avec la reprise de ce fleuron, devenir leader dans le secteur des beaux-arts, et profiter des filiales de distribution Canson pour pénétrer de nouveaux marchés.

Reprise des 260 salariés de Canson

Le groupe italien, coté à la Bourse de Milan, va reprendre ainsi l’ensemble des 260 salariés français mais aussi les sites de production de Canson en France, en Italie, aux Etats-Unis, au Brésil et en Chine. Un centre de logistique devrait aussi être créé en Ardèche à Annonay.

Le 27 juillet dernier, les syndicats CFDT et CGT de Canson avaient émis un avis favorable à l’offre de rachat du papetier ardéchois par le groupe italien Fila, lors d’un comité d’entreprise extraordinaire.

Canson a dégagé l’an dernier un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros (+5 % sur un an), mais l’entreprise Hamelin considérait Canson comme n’étant plus stratégique. En difficulté, Canson avait annoncé en octobre 2014 vouloir supprimer 58 postes. Après la mobilisation des salariés, le PSE avait été suspendu mais un plan de départs volontaires avait été lancé. Les négociations exclusives avec Fila avaient démarré au mois de mai 2015.