Coca-Cola: Comment les profits seraient dissimulés aux îles Caïman

FISCALITE En 2015, les profits cachés de Coca-Cola dans le paradis fiscal étaient estimés à 32 milliards de dollars...

20 Minutes avec agence

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Illustration de bouteilles de Coca-Cola.
Illustration de bouteilles de Coca-Cola. — REMY GABALDA AFP

Coca-Cola est soupçonné par le fisc français de cacher une partie de ses profits aux îles Caïmans. L’argent transiterait par plusieurs paradis fiscaux et échapperait à l’impôt sur les sociétés.

Pour en avoir le cœur net, des inspecteurs de Bercy ont déboulé jeudi dans la filiale française chargée du marketing (Coca-Cola Services France SAS) et dans celle chargée de la mise en bouteille (Coca-Cola Entreprise SAS), selon une information rapportée par BFM Business.

Le principe de la firme d’Atlanta est simple. The Coca-Cola Company, basée aux États-Unis exploite la recette, les différentes marques du groupe et fabrique un concentré de la boisson. Dans chaque pays, le concentré est vendu à des embouteilleurs qui y adjoignent de l’eau gazeuse.

Aussi, dans la plupart des pays d’Europe et d’Afrique, le concentré est vendu aux embouteilleurs par Atlantic Industries Ltd, « une filiale immatriculée aux îles Caïmans ou encore par European Refreshments Ltd, une société irlandaise détenue à 99 % par la filiale aux Caïmans » précise BMF Business.

Un manque à gagner de 11 milliards de dollars pour le fisc américain

Une fois aux Îles Caïmans, l’argent ne revient pas aux États-Unis pour autant. En 2015, les profits cachés de Coca-Cola dans le paradis fiscal étaient estimés à 32 milliards de dollars, soit un manque à gagner de 11 milliards pour le fisc américain. Ce dernier a d’ailleurs adressé l’an passé à The Coca-Cola Company un redressement de 3,3 milliards de dollars couvrant les années de 2007 à 2009.

En outre, le géant du soda aurait plusieurs recettes pour éviter les taxes. Il aurait aussi passé des accords avec plusieurs pays (Brésil, Costa Rica, Singapour, Swaziland) pour payer moins d’impôts en échange d’investissements. De nombreuses filiales sont également immatriculées dans d’autres paradis fiscaux : Luxembourg, Guernesey, Chypre ou encore les Iles Vierges britanniques.