Des prescriptions pour la bonne santé... des industries pharmaceutiques

SANTE Un rapport dénonce l'emprise des laboratoires pharmaceutiques sur les prescriptions des médecins...

A. B.

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La Cour des comptes a mis en lumière mercredi le caractère "fragile et partiel" de la réduction des déficits de la Sécurité sociale, soulignant "la nécessité de réformes structurelles préalables à des économies durables".
La Cour des comptes a mis en lumière mercredi le caractère "fragile et partiel" de la réduction des déficits de la Sécurité sociale, soulignant "la nécessité de réformes structurelles préalables à des économies durables". — Olivier Morin AFP/Archives

Des ordonnances sous influence. Vous pensiez prendre des médicaments pour vous soigner. Ils contribuent plutôt à la bonne santé de l'industrie pharmaceutique. C'est ce que dénonce un rapport de l'inspection générale des affaires sociales (Igas) sur les 20 milliards d'euros de traitements remboursés par an (14 % des dépenses de la Sécu). Explications.

· Des ordonnances néfastes Ciblant les médecins en fonction de leurs habitudes de prescription - ce qui est illégal -, les labos multiplient les visites médicales pour vanter leurs produits. Conséquences : prescriptions excessives et inadaptées, médicaments favorisés alors qu'ils sont moins efficaces, succès de nouveautés sans intérêt, abandon de remèdes connus et maîtrisés.

· Un gâchis pour la Sécu Dès qu'un médicament peut être remplacé par un générique, les labos cessent la pub et les ventes chutent de 50 à 70 %. Rien que sur les anti-ulcéreux, la Sécu calcule qu'on pourrait dépenser 430 millions d'euros de moins par an en prescrivant mieux. La moitié de ce que rapportera la nouvelle franchise sur les soins en 2008. De plus, le coût des visites médicales est répercuté dans le prix des médicaments... remboursés par la collectivité. De l'argent qui aurait pu servir à la recherche, et qui dispense les médecins de suivre de vraies formations.

· Des autorités laxistes Si celles-ci appliquaient la loi, elles pourraient réduire de moitié la pub des labos, selon l'Igas. Et la Haute Autorité de santé n'a pas les moyens de se faire entendre des médecins. Mais encore faudrait-il qu'elle soit objective, le rapport soulignant qu'elle est trop diplomate. Les inspecteurs appellent de leurs voeux, outre des logiciels d'aide, une « bible » de la prescription. Comme chez nos voisins européens.