Sale journée pour la Deutsche Bank qui prend une amende record et plonge en bourse

SUBPRIMES L’institution allemande doit régler un litige datant de la crise financière 2007-2008, et son titre en pâtit en bourse…

20 Minutes avec AFP
Le siège de la Deutsche Bank à Francfort, en Allemagne.
Le siège de la Deutsche Bank à Francfort, en Allemagne. — Michael Probst/AP/SIPA

Vendredi difficile pour la première  allemande.   a subi un nouveau coup dur après l’annonce d’une amende record de 14 milliards de dollars aux Etats-Unis pour solder un ancien litige lié aux « subprimes », même si elle devrait au final payer moins. Signe de l’inquiétude des marchés, la Bourse de Francfort a vivement réagi à la nouvelle tombée dans la nuit de jeudi à vendredi : après avoir dévissé de près de 8 % peu après l’ouverture, le titre du géant de la finance cédait encore 7,29 % à 12,14 euros à la mi-journée.

Deutsche Bank, impliquée dans près de 8.000 litiges judiciaires dans le monde, a déjà écopé d’une amende de 2,5 milliards de dollars pour manipulations du taux interbancaire Libor aux Etats-Unis. Si elle était confirmée, cette amende de 14 milliards serait la plus importante jamais infligée à une banque étrangère aux Etats-Unis. , avec 8,9 milliards de dollars, écopés en 2014 pour avoir violé des embargos américains.

Plutôt cinq milliards d’amende que 14

De nombreux analystes ne croient pas toutefois que Deutsche Bank devra débourser une telle somme. L’amende ne s’élèvera « probablement pas à 14 milliards de dollars, si l’on compare avec les autres banques également actives dans ces activités. On table plutôt sur cinq milliards de dollars », commente l’analyste Robert Halver, chez Baaderbank. « Mais c’est sûr, cinq milliards de dollars font naturellement mal », ajoute-t-il.

La banque a déjà fait savoir dans un communiqué qu’elle n’avait « pas l’intention de solder ces potentielles requêtes civiles au montant proche du chiffre cité ». Le département de la Justice américain a invité la banque à soumettre une contre-offre, a précisé Deutsche Bank, soulignant que les négociations « viennent seulement de commencer ». La banque d’affaires américaine Goldman Sachs avait, elle, trouvé un accord mi-avril  de dollars pour un litige lié aux « subprimes ».

Accusée d’avoir vendu des produits financiers toxiques avant la crise

Deutsche Bank est accusée, comme d’autres grandes banques, d’avoir vendu à des investisseurs avant l’éclatement de  des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS), qui sont des crédits immobiliers convertis en produits financiers, tout en sachant qu’ils étaient toxiques.

Baptisée titrisation, cette tactique, utilisée abondamment par les grandes banques pour convertir des portefeuilles de prêts en titres financiers qu’elles cèdent ensuite sur les marchés, est jugée responsable des pertes abyssales subies en 2008 par de nombreux investisseurs, dont ceux ayant acheté les titres adossés aux fameuses « subprimes ».