La crise des «subprimes» n’est pas encore terminée

QUESTIONS-REPONSES Les valeurs bancaires s’effondrent en bourses...

P. K.

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La Bourse de New York a ouvert en nette baisse lundi, les pertes colossales dévoilées par la banque Citigroup et la démission de son PDG ravivant les craintes concernant les conséquences financières de la crise des "subprime": le Dow Jones cédait 0,83% et le Nasdaq perdait 1,23%.
La Bourse de New York a ouvert en nette baisse lundi, les pertes colossales dévoilées par la banque Citigroup et la démission de son PDG ravivant les craintes concernant les conséquences financières de la crise des "subprime": le Dow Jones cédait 0,83% et le Nasdaq perdait 1,23%. — Emmanuel Dunand AFP/Archives
Si les conséquences sont encore peu palpables en France, la crise des «subprimes» n’est pas finie, loin de là. Ces derniers jours, deux dirigeants de banques américaines ont pris la porte, et les analystes essaient encore de mesurer les conséquences de cette crise financière.

Pourquoi deux dirigeants ont-ils été limogés?

Dimanche soir, Charles Prince, directeur général de Citigroup, premier groupe bancaire mondial, a démissionné. Fin octobre, c’était Stanley O’Neal, le patron de la banque d’affaire Merril Lynch qui avait sauté. Dans le même temps, Citigroup annonçait  des dépréciations supplémentaires de 8 à 11 milliards de dollars. «Chuck» Prince ne quittera pas la banque les mains vides. Le «Wall Street Journal» et le «New York Times» citent des chiffres compris entre 31 et 94 millions de dollars. Les deux dirigeants sont tombés en raisons des pertes substantielles, un indice de plus que la crise n’est pas encore passée. 

La crise est-elle finie?

Loin de là. Les banques essaient encore d’évaluer toutes les pertes subies lors de la crise des «subprimes». Selon l’agence de notation Moody’s, les pertes du secteur bancaire pourraient s’élever à 225 milliards de dollars. Un chiffre pharaonique qui inquiète forcément les investisseurs. En bourse, les valeurs bancaires s’effondrent, ce qui fragilise d’autant les banques. Celles-ci ne sont pas au bout de leurs peines. La SEC, le gendarme de la bourse aux Etats-Unis a lancé une série d’enquêtes sur la façon dont elles auraient camouflé dans leurs comptes les pertes liées aux «subprimes».  

Quelles conséquences pour la France?

Interrogée sur les conséquences des «subprimes», la ministre de l’Economie Christine Lagarde a assuré qu'il n'y avait «pas de raisons de penser qu'on aura un effet sur l'économie réelle française». Pourtant les banques françaises n’ont pas été épargnées par la tourmente. La Société Générale et BNP Paribas ont cédé plus de 6% en Bourse jeudi et vendredi, alors que les deux institutions doivent publier leurs résultats cette semaine.