Impôt sur le revenu: Allez-vous profiter de la prochaine baisse?

FISCALITE Le gouvernement vient de présenter son cadeau fiscal pour les ménages, soit une baisse de l’impôt sur le revenu en 2017…

Céline Boff

— 

Impôt sur le revenus. Illustration
Impôt sur le revenus. Illustration — GILE MICHEL/SIPA

Il veut « rendre aux Français le fruit de leurs efforts ». L’exécutif a dévoilé ce vendredi son nouveau cadeau fiscal pour les particuliers, qui consistera en une baisse d’un milliard d’euros de leur impôt sur le revenu en 2017. Mais qui en profitera ? Et à quelle hauteur ? 20 Minutes fait le point.

Qui profitera de la baisse ?

Le gouvernement aurait pu augmenter la prime d’activité et ainsi aider les travailleurs pauvres. Ou encore réduire la CSG des plus âgés pour mieux soutenir les retraités. En choisissant d’agir sur l’ impôt sur le revenu (IR), le gouvernement cible très clairement, non pas les classes populaires, mais le bas de la classe moyenne, comme il l’avait déjà fait en 2015 et en 2016 – en 2014, ce sont les ménages les plus modestes, entrés dans l’imposition du fait des mesures accumulées depuis 2011, qui avaient bénéficié d’une réduction d’impôt.

Reste qu’avec un milliard d’euros, le cadeau est limité. Il est en tout cas le geste fiscal le plus faible du quinquennat – la baisse avait atteint 1,5 milliard en 2014 et en 2015, et plus de 2 milliards en 2016. Le gouvernement a toutefois prévu une autre mesure pour 2017, également d’un montant d’un milliard d’euros, cette fois-ci à destination des personnes non imposables et notamment des personnes handicapées et/ou âgées : le crédit d’impôt pour les dépenses de services à domicile.

Quel sera le gain concret ?

La baisse de l’IR concernera tous les célibataires, divorcés et veufs ayant, en 2016, un salaire inférieur à 1 700 euros net par mois, ainsi que les couples gagnant jusqu’à 3 400 euros net. Ces limites seront majorées pour les familles, par exemple jusqu’à 4 800 euros pour un couple avec trois enfants. Au total, cinq millions de ménages verront leur IR baisser l’an prochain.

Concrètement, un célibataire gagnant 1 700 euros de salaire net bénéficiera d’une baisse de 191 euros. Pour un couple avec deux enfants et 4 100 euros de revenus, le gain sera de 360 euros. Quant au crédit d’impôt, il devrait permettre à 1,3 million de ménages de voir leur facture en services à la personne s’alléger de 20 % en moyenne.

L’exécutif peut-il se permettre ce cadeau ?

François Hollande, qui avait évoqué ce geste fiscal pour la première fois en mai, avait précisé le 14 juillet que les impôts des ménages baisseraient en 2017 seulement si la croissance atteignait cette année-là 1,7 % du PIB. Or la croissance française a connu un coup d’arrêt inattendu au printemps et les perspectives pour 2017 se sont assombries, avec une prévision désormais à 1,5 %.

Mais le gouvernement n’a pas voulu faire machine arrière. Au creux de l’été, le Premier ministre Manuel Valls a assuré qu’il y aurait une baisse d’impôt pour les particuliers en 2017, peu importe le niveau de la croissance. Et ce vendredi, Michel Sapin, le ministre des Finances, a assuré que ce geste fiscal ne compromettrait pas la baisse du déficit public, qui sera bel et bien ramené à 2,7 % du produit intérieur brut (PIB) en 2017. Il faut dire qu’entre-temps, le gouvernement a revu ses ambitions à la baisse en limitant la baisse de l’IR à 1 milliard au lieu des 2 milliards précédemment évoqués – l’autre milliard de crédits d’impôt pour les services à domicile ne se répercutera sur le budget de l’Etat qu’en 2018.

Ce nouveau geste servira-t-il politiquement le gouvernement ?

Présenter une (nouvelle) baisse de l’impôt sur le revenu à huit mois de l’élection présidentielle n’est évidemment pas un hasard du calendrier. Conscient du ras-le-bol fiscal, l’exécutif insiste en mettant en avant les six milliards d’euros de baisses d’impôt sur le revenu qu’il a décidé depuis 2014. Mais ces gestes ne compenseront pas la hausse des prélèvements obligatoires, qui ont représenté 35 milliards en plus pour les ménages entre 2012 et 2017, selon les calculs de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Ce qui n’est pas sans conséquence sur le pouvoir d’achat des ménages : en 2016, ils disposent en moyenne de 350 euros de moins qu’en 2010, soit le début des politiques d’austérité.

>> A lire aussi : Entreprises, ménages, Etat: Pour qui a roulé Hollande?