Sous-marins DCNS: Le constructeur français victime d'une «fuite massive» de données

DEFENSE Cette fuite concernerait les sous-marins Scorpène, utilisés par les armées indienne, malaisienne et chilienne...

20 Minutes avec AFP

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Le sous-marin Scorpène «Kalivari» en Inde, le 1er mai 2016.
Le sous-marin Scorpène «Kalivari» en Inde, le 1er mai 2016. — HO / INDIAN NAVY / AFP

Les documents volés décriraient les systèmes de communication, de navigation et de lance-torpilles des appareils. Le constructeur naval français DCNS a été victime d'une fuite massive d'informations techniques confidentielles sur ses sous-marins Scorpène, ce qui pourrait alarmer les armées indienne, malaisienne et chilienne qui les utilisent, a affirmé le journal The Australian dans son édition de mercredi.

Le groupe DCNS, détenu à 62% par l'Etat français, a indiqué que «les autorités nationales de sécurité» françaises «enquêtent», sans donner plus de détails. «Cette enquête déterminera la nature exacte des documents qui ont fait l'objet de ces fuites, les préjudices éventuels pour nos clients ainsi que les responsabilités», a ajouté le groupe.

L'Australie vient d'octroyer un contrat de 34 milliards d'euros à la DCNS

Les 22.400 pages divulguées, que le quotidien australien affirme avoir consultées, détaillent les capacités de combat des Scorpène de la DCNS, conçus pour la marine indienne et dont plusieurs unités ont été achetées par la Malaisie et le Chili. Le Brésil doit lui aussi déployer ces submersibles à partir de 2018. La fuite pourrait également inquiéter l'Australie, qui a octroyé en avril un contrat de 50 milliards de dollars australiens (38 milliards de dollars US) au groupe DCNS pour concevoir et fabriquer sa prochaine génération de submersibles.

Les documents décrivent les sondes des vaisseaux, leurs systèmes de communication et de navigation, et 500 pages sont consacrées exclusivement au système de lance-torpilles, a précisé The Australian

La fuite pourrait venir d'Inde

Selon le quotidien, la DCNS aurait laissé entendre que la fuite pourrait venir d'Inde plutôt que de France. Les données pourraient toutefois avoir été emportées hors de France en 2011 par un ancien officier de la marine française qui, à l'époque, était un sous-traitant de la DCNS. Les documents pourraient avoir transité par des sociétés du sud-est asiatique avant d'être finalement envoyés à une entreprise en Australie, poursuit le journal.

Le contrat des sous-marins australiens est revenu à la DCNS, mais le système de combat secret des 12 sous-marins Shortfin Barracudas est fourni par les Etats-Unis. Les submersibles australiens sont des versions réduites des Barracudas français. Le site internet de la DCNS affirme que le Scorpène est équipé de la technologie la plus pointue et la plus protégée, faisant de lui le plus létal des sous-marins conventionnels de l'histoire.