VIDEO. Pourquoi le torchon brûle entre les producteurs de lait et Lactalis

AGRICULTURE Les éleveurs veulent bloquer le site de Laval...

C.A.

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Une grosse manifestation avait déjà eu lieu en juillet 2015 devant le siège de Lactalis de Laval
Une grosse manifestation avait déjà eu lieu en juillet 2015 devant le siège de Lactalis de Laval — JEAN MARC DAVID/SIPA

Ils se disent prêts à tenir une semaine, plus s’il le faut. Ce lundi, des producteurs de lait du Grand Ouest vont converger vers Laval, préfecture de la Mayenne où le géant Lactalis a établi son siège. L’objectif ? Dénoncer la politique du groupe, réputé pour être « le plus mauvais payeur ».

Qui est Lactalis ?

Comme le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, Lactalis a appelé au calme et s’est dit prêt à recevoir les organisations de producteurs pour discuter avec elles des prix. Propriétaire des marques Lactel, Bridel, Roquefort, Président ou Bridélice, Lactalis est un véritable empire qui affichait en 2014 un chiffre d’affaires de 14 milliards d’euros. Son PDG, le milliardaire Emmanuel Besnier, est très discret et se fait très rare dans les médias.

Ce que reprochent les éleveurs

En difficulté depuis la fin des quotas laitiers, les producteurs entendent dénoncer les prix pratiqués par le géant de l’agroalimentaire, dont le prix d’achat est actuellement de 256 euros la tonne, contre 363 euros en juillet 2014. Les agriculteurs espèrent ainsi inviter les dirigeants du numéro un mondial du secteur à « revenir à la table des négociations ». De nombreux éleveurs assurent ne plus se verser de salaire pour éviter la faillite de l’entreprise.

Pourquoi les éleveurs ne bloqueront pas

Les manifestants ne souhaitaient pas paralyser l’activité du site. « Ce serait leur donner les moyens de nous faire éjecter », explique Pascal Clément, président de la section laitière de la Fédération régionale des syndicats agricoles (FRSEA) à l’origine de la mobilisation.

Ce que répond Lactalis

Pour justifier cette baisse du prix, le groupe met en avant une « crise de surproduction » et évoque « des concurrents belges ou néerlandais » payant « 30, 40, 50 centimes de moins le prix du lait qu’en France », selon le porte-parole Michel Nalet. Le leader mondial se défend par ailleurs assurant avoir consenti des efforts « à hauteur de 75 millions d’euros » en faveur des éleveurs français.