«Chemise arrachée» à Air France: Ce que contient vraiment la décision de Myriam El Khomri

INFO 20 MINUTES « 20 Minutes » s’est procuré le texte de la Direction générale du Travail motivant la décision de licencier Vincent Martinez…

Vincent Vantighem

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Le DRH d'Air France Xavier Broseta (à dr.) et Pierre Plissonnier, DRH du long-courrier, pris à parti par des manifestants le 5 octobre 2015.
Le DRH d'Air France Xavier Broseta (à dr.) et Pierre Plissonnier, DRH du long-courrier, pris à parti par des manifestants le 5 octobre 2015. — SOLAL/SIPA

Le salarié CGT Vincent Martinez n’a pas été licencié pour avoir agressé directement Xavier Broseta, le directeur des ressources humaines d’Air France. 20 Minutes s’est procuré la décision par laquelle le ministère du Travail a validé, lundi, le licenciement du salarié d’Air France pour avoir pris part aux violences ayant émaillé le comité d’entreprise de la compagnie aérienne le 5 octobre 2015.

>> Les faits: Myriam El Khomri valide le licenciement du délégué CGT d'Air France

Et contrairement à ce qui a été relayé jusqu’ici, ce n’est pas pour avoir directement agressé le DRH que Vincent Martinez a été officiellement licencié. Pour rédiger cette décision de trois pages, la Direction générale du Travail s’est appuyée sur deux séquences vidéo.

« A plusieurs reprises, il a tenté de repousser les manifestants »

Et la première est plutôt de nature à dédouaner le salarié. « Lors de la première séquence, M. Martinez, pris dans des mouvements de foule, a, à plusieurs reprises, tenté de repousser des manifestants (…) Dans ces circonstances, le caractère fautif de son agissement ne peut être caractérisé », indique d’abord la décision.

En clair, le représentant syndical (CGT) a, comme il l’a toujours affirmé, tenté de calmer les manifestants en colère, dans un premier temps. « Il a toujours expliqué, preuves à l’appui, qu’il voulait, au contraire, protéger la direction qui était prise à partie », explique à 20 Minutes, une source proche de l’enquête.

« Il a poussé l’un des deux vigiles »

C’est donc au regard de la seconde séquence vidéo produite lors de l’instruction que le ministère du Travail a fondé sa décision de licencier le salarié. « La seconde séquence vidéo montre M. Broseta (DRH) pendant qu’il était procédé à son évacuation du site, l’intéressé étant à demi vêtu, encadré et soutenu par deux vigiles qui couraient avec lui », rappelle la décision officielle.

C’est à ce moment-là que les choses auraient dégénéré pour Vincent Martinez. « Lorsque ces trois personnes sont passées près de M. Martinez, ce dernier a, par un acte délibéré (…) poussé l’un des deux vigiles soutenant M. Broseta, entraînant la chute de ce dernier et des deux vigiles, analyse la Direction générale du Travail. Une faute d’une gravité suffisante pour justifier son licenciement. »

>> Réaction: Le délégué CGT juge son licenciement «politique»

En clair, c’est pour avoir poussé l’un des vigiles qui soutenaient le DRH – et par conséquent entraîné sa chute – que Vincent Martinez a été licencié. Dénonçant une « décision politique », ce dernier a annoncé qu’il allait « contre-attaquer » et déposer un recours devant le tribunal administratif.