Les grandes entreprises françaises veulent des "actes forts" sur l'attractivité

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Pierre Prinquet, président de l'AFEP, le 22 mars 2016 à Paris
Pierre Prinquet, président de l'AFEP, le 22 mars 2016 à Paris — THOMAS SAMSON AFP

Le président de l'Afep, association qui regroupe les grandes entreprises françaises, a appelé vendredi à mettre en oeuvre des "actes forts sur l'attractivité" pour profiter des opportunités offertes par le Brexit, en baissant notamment le taux de l'impôt sur les sociétés (IS).

"Nous demandons qu'une baisse du taux d'IS pour toutes les entreprises soit inscrite dans la prochaine loi de finances", a déclaré Pierre Pringuet, numéro un de l'Association française des entreprises privées, dans un entretien aux Echos. "Cela nous paraît impératif dans le contexte du Brexit", a-t-il ajouté.

"Si on veut dérouler le tapis rouge, il faut des actes forts", a-t-il insisté. Il a estimé que l'annonce du Premier ministre Manuel Valls sur la prolongation de cinq ans actuellement à huit ans du régime d'impatriation, qui permet aux salariés venus de l'étranger de bénéficier de réductions fiscales, ne permettrait pas à elle seule d'attirer la place financière de Londres à Paris.

Fin juin, François Hollande a annoncé que la dernière tranche de contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), qui devait concerner les grandes entreprises, ne serait finalement pas supprimée en 2017, préférant à cette mesure un relèvement du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) de 6% à au moins 7% de la masse salariale et une baisse de l'impôt sur les sociétés pour les petites et moyennes entreprises (PME).

De son côté, pour essayer d'enrayer la fuite des investisseurs avec le Brexit, Londres a annoncé vouloir ramener l'impôt sur les sociétés au Royaume-Uni sous la barre des 15%. En France, le taux d'IS est de 33%.

"En plus de la baisse du taux d'IS, il faut jouer sur la taxe sur les salaires, dont la plus haute tranche est à 20%: un cadre financier coûte beaucoup plus cher à Paris qu'à Londres", a poursuivi M. Pringuet.

Il a aussi fustigé la taxe sur les transactions financières (TTF), en négociation à Bruxelles et que la France soutient, et la publicité du reporting pays par pays, mesure inscrite dans le projet de loi Sapin II.

Ce reporting consiste à rendre la publication de données sur l'activité des entreprises (nombre de salariés, chiffre d'affaire, impôts sur les bénéfices, etc.) accessible au grand public.