Farnborough : Airbus en tête dans le match des commandes au deuxième jour du salon aéronautique

© 2016 AFP

— 

Un Airbus A320 lors de son premier vol d'essai, le 25 septembre 2014, à Blagnac près de Toulouse
Un Airbus A320 lors de son premier vol d'essai, le 25 septembre 2014, à Blagnac près de Toulouse — ERIC CABANIS AFP

Airbus a pris la tête en nombre de prises de commandes mardi au deuxième jour du salon de l'aéronautique de Farnborough, dans le match qui l'oppose traditionnellement à son concurrent Boeing.

Dans l'après-midi, le salon, qui est le plus gros événement de l'année pour le secteur, a été à plusieurs reprises et à grand bruit survolé par le F-35, l'avion de combat furtif américain, qui fait enfin ses débuts internationaux au Royaume-Uni depuis quelques jours.

La journée a été marquée par une commande ferme à Airbus de la compagnie malaisienne low cost Air Asia pour 100 A321neo, le modèle le plus grand de sa famille monocouloir, au prix catalogue de 12,5 milliards de dollars.

Cette annonce a été la plus importante depuis le début du salon et porte à 129 le nombre de commandes fermes enregistrées mardi par l'avionneur européen, pour un montant total au prix catalogue de 15,6 milliards de dollars.

Il a aussi enregistré une commande ferme de la compagnie aérienne allemande Germania pour 25 A320neo, au prix catalogue de 2,682 milliards de dollars.

WOW air, la compagnie low-cost islandaise, a pour sa part annoncé l'acquisition, pour un prix catalogue de 460 millions, de quatre A321.

L'avionneur européen a en outre annoncé la signature par la compagnie indienne low cost Go Air d'un protocole d'accord pour l'achat de 72 A320neo, la version remotorisée du monocouloir d'Airbus, pour un montant total de 7,7 milliards de dollars au prix catalogue.

Son patron, Fabrice Brégier, a par ailleurs confirmé ses objectifs de 650 livraisons d'appareils cette année, dont 50 A350.

Concernant son gros porteur, l'A380, l'avionneur a annoncé la baisse du rythme de production à un exemplaire par mois à partir de 2018 alors que les nouvelles commandes tardent à venir.

Boeing a de son côté révélé la finalisation par le voyagiste TUI Group d'une commande de dix 737 Max 8, le concurrent de l'A320neo, accompagnée d’une option pour un long-courrier 787-9, pour un montant total de 1,4 milliard de dollars.

L’avionneur américain a passé un protocole d’accord avec la compagnie chinoise Kunming Airlines pour dix 737 Max 7, la plus petite version de son moyen-courrier, sans préciser le montant de cette transaction. Au prix catalogue, le contrat s’élève à 902 millions de dollars.

Il a également annoncé un protocole d’accord pour l'acquisition par une compagnie chinoise non-identifiée de 30 mono-couloirs 737, des appareils re-motorisés Max et des 737 de génération actuelle, pour un montant de 3 milliards de dollars.

Enfin, Boeing a finalisé l'acquisition de vingt 747 en version fret au profit de Volga-Dnepr Group, une compagnie aérienne russe spécialisée dans le transport cargo, dont quatre ont déjà été livrés. Il n'a pas avancé de montant pour cette transaction.

Après avoir tous deux présenté mardi des prévisions optimistes du marché pour les 20 prochaines années, Airbus a innové en dévoilant ses perspectives pour les services liés à l’aviation commerciale sur la même période de temps, qu’il estime à 3.000 milliards de dollars.

Airbus prédit que la croissance du segment maintenance passera de 53 à plus de 132 milliards de dollars par an, soit une croissance annuelle moyenne de 4,6%.

Airbus et Boeing ont donné le ton la veille, en prévoyant un doublement de la flotte d'avions commerciaux au cours des 20 prochaines années, soit un marché dépassant les 5.000 milliards de dollars.

Boeing évalue à 39.620 la demande d'avions neufs au cours de la période et Airbus à 33.000 nouveaux avions.

- Interrogations sur le Brexit -

Les commandes annoncées sont pour l’heure loin de la précédente édition de Farnborough, qui se tient en alternance avec le salon du Bourget, au cours duquel les commandes fermes et en option avaient atteint le chiffre record de 201 milliards de dollars (181 milliards euros).

L'édition 2016 du salon se tient dans une ambiance particulière, moins de trois semaines après le vote des Britanniques en faveur d’une sortie de leur pays de l'Union européenne.

Le Brexit pourrait affecter le secteur aéronautique et le transport aérien mais tous les observateurs s'accordent à dire qu’il est encore trop tôt pour en évaluer les conséquences.

"A priori, nous n'avons pas de raison de prendre des mesures à court terme et changer nos plans", a déclaré Fabrice Brégier, le patron d'Airbus, qui fabrique les ailes de ses avions au Royaume-Uni. "Cela étant, tout dépendra des résultats des négociations qui vont s’engager entre l’UE et le Royaume-Uni, avec les incertitudes qui planent sur les conclusions de l'accord de sortie de l'UE", a-t-il ajouté.

Pour David Burling, un des dirigeants du voyagiste TUI en charge du Royaume-Uni, "cette industrie est incroyablement flexible. Nous devrons simplement nous adapter à ce qui arrivera".