Hydrogène-énergie: la filière française prometteuse mais en retard

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Un technicien remplit d'hydrogène l'un des  "véhicules propres"
Un technicien remplit d'hydrogène l'un des "véhicules propres" — MEHDI FEDOUACH AFP

La France dispose d'acteurs de poids et d'entreprises bien positionnées dans les nouvelles applications de l'hydrogène (mobilité, stockage d'électricité, etc.) mais le déploiement reste «faible» sur le territoire, selon une étude publiée vendredi par le cabinet Sia Partners.

«Les quatre prochaines années pourraient constituer une période décisive tant pour l'émergence d'une production propre et décarbonée d'hydrogène que pour le développement de nouvelles applications de l'hydrogène-énergie», estime Sia Partners.

L'hydrogène est utilisé de longue date, notamment dans l'industrie chimique et le raffinage, mais 95% des volumes produits le sont à partir des énergies fossiles.

Les nouveaux développement autour de l'hydrogène visent à industrialiser sa production à partir de l'électrolyse de l'eau, mais aussi de l'utiliser comme une source de génération d'électricité en alimentant une pile à combustible.

Sauf que ces technologies restent encore chères par rapport aux alternatives existantes.

Mais selon Sia Partners, elles pourraient voire leur prix se réduire à l'avenir, notamment dans la mobilité, qui enregistre un «regain d'intérêt» ces dernières années.

«Le coût de production d'un kg d'hydrogène renouvelable permettant à un véhicule électrique à hydrogène de parcourir 100 km pourrait (...) atteindre 3 euros/kg dans des installations d'électrolyse à grande échelle», estime le cabinet.

L'enjeu sera encore de développer une infrastructure de distribution de ce nouveau carburant. Contrairement aux pays qui tirent la mobilité hydrogène (Etats-Unis, Allemagne, Japon), la France a fait le choix de se concentrer sur les flottes captives (entreprises, secteur des transports, etc.), remarque Sia Partners.

Mais le cabinet prévoit que la France pourrait doubler en 2030 la production d'hydrogène par rapport à 2015.

Et l'Hexagone possède des atouts, notamment «une offre complète de l'industrie» avec des grands groupes, comme Air Liquide, Arkema ou Total, et des PME dynamiques sur l'ensemble de la filière actuelle, comme Areva H2gen qui inaugurera la semaine prochaine la première usine de fabrication d'électrolyseurs en France ou McPhy Energy, également producteur d'hydrogène.

Mais pour véritablement émerger, ces nouveaux marchés ont encore des défis à relever, souligne Sia Partners, notamment via la réduction du coût des technologies, la mise en place d'une réglementation adaptée et d'un soutien public.