«Scale me up»: La France veut donner un coup de pouce à l'innovation sociale

CONCOURS Le gouvernement français lance avec plusieurs autres Etats membres un appel à projets européen ouvert aux acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS)…

Céline Boff

— 

Des salariés. Illustration.
Des salariés. Illustration. — Caiaimage / Rex Feature/REX/SIPA

Plusieurs ministres européens sont à Paris ce vendredi. Pas pour assister à un match de l’Euro de football – d’ailleurs, aucun ne se dispute dans la capitale ce jour, c’est à Toulouse, à Saint-Etienne et à Nice que ça se passe – mais pour lancer l’opération « Scale me up », soit un appel à projets de dimension européenne visant à récompenser des initiatives d’innovation sociale. 20 Minutes vous explique tout.

Qui peut postuler ?

Tous les acteurs français de l’économie sociale et solidaire (ESS), soit les associations, les fondations, les coopératives, les mutuelles et certaines sociétés commerciales. A une condition : celle de s’associer avec un partenaire issu d’un autre pays de l’UE. Celui-ci peut être un acteur de l’ESS ou une entreprise classique, mais également une université, une unité de recherche ou encore, une collectivité. Le dossier de candidature, à rédiger de préférence en anglais, peut être déposé par ici jusqu’au 10 septembre.

Comment emporter la partie ? 

Il faut proposer une idée ou un projet à même de répondre à des besoins sociétaux non satisfaits, qui aura un impact positif sur le territoire en termes d’environnement, d’emploi ou encore de lien social et dont le mode de gouvernance et le modèle économique sont vertueux. Sera également apprécié le fait d’être fortement ancré localement tout en ayant la possibilité d’essaimer. Enfin, mieux vaut intégrer dans son dossier de candidature certains indicateurs, notamment en termes de calendrier et de mesure d’impact.

Qui composera le jury ?

Des représentants des Etats membres qui sont engagés dans le dispositif et des membres de la BEI, la Banque européenne d’investissement. Le jury se réunira le 23 septembre pour distinguer cinq projets. Un sixième sera directement choisi par les citoyens, via les réseaux sociaux à travers le mot-dièse #ScaleMeUp, en octobre.

Que remporteront les gagnants ? 

Le droit d’être accompagnés pendant une semaine par des experts. Ils bénéficieront notamment d’un appui juridique, d’une formation à la prise de parole, d’un plan de communication et seront présentés à des investisseurs. Si aucun budget n’est pour l’heure alloué à l’opération, « notre objectif est bien de trouver des financements et notamment des fonds européens aux projets des lauréats », nous assure-t-on au cabinet de Martine Pinville, secrétaire d’Etat à l’Economie sociale et solidaire, qui porte ce projet « Scale me up ».

Mais en vrai, ça vaut le coup ? 

Six lauréats qui seront distingués alors que les acteurs de l’ESS des 28 pays européens peuvent concourir… Vous avez raison, c’est peanuts. Et le fait qu’aucune enveloppe budgétaire ne soit d’ores et déjà dégagée est mauvais signe. Si la France lance avec une dizaine d’autres pays européens (Allemagne, Luxembourg, Grèce, Slovénie, etc.) ce projet « Scale me up », c’est pour tenter de prouver par l’exemple à la Commission européenne que l’ESS – cette autre manière de faire de l’économie, plus éthique – est une option crédible pour créer de l’emploi et développer des innovations. Et qu’il serait donc peut-être temps de mieux la soutenir financièrement.

>> A lire aussi : Un étudiant sur deux aimerait travailler dans l'économie sociale et solidaire

Bien sûr, officiellement, la Commission européenne « a-do-re ! » l’ESS. Reste que dans les faits, ces acteurs sont tenus à l’écart des fonds du plan d’investissements pour l’Europe, dit plan Juncker, qui viennent donner de nouvelles ressources financières aux entreprises classiques. Et ce vendredi, aucun commissaire n’a jugé utile de venir à Paris pour soutenir le lancement de « Scale me up ».