Salaires des patrons: Ils n'ont pas le génie de Zidane ou Messi, estime Hamon

COMPARAISON Les députés ont rendu contraignant le vote des assemblées générales d’actionnaires sur la rémunération des dirigeants d’entreprise...

Clémence Apetogbor
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Benîot Hamon lors des questions au gouvernement le 17 février 2015
Benîot Hamon lors des questions au gouvernement le 17 février 2015 — PATRICK KOVARIK / AFP

Il ne faut pas comparer les « rares génies » que sont des joueurs de football tels Zidane ou Messi et les grands dirigeants. C’est en substance ce qu’a affirmé le député socialiste Benoît Hamon ce vendredi dans La Tribune, s’élevant contre les trop hautes rémunérations des patrons.

L’Assemblée nationale a posé dans la nuit de jeudi à vendredi un premier jalon pour éviter les dérives en matière de salaires des grands patrons, mais qui ne répond pas aux attentes d’une partie de la gauche d’un véritable encadrement.

Une législation nécessaire

Selon le député, figure de l’aile gauche du PS, « l’autorégulation n’existe pas, il faut légiférer ».

« L’argumentation principale du patronat pour défendre ces rémunérations indécentes aux yeux de la majorité des Français est inchangée » : « il existerait un marché des patrons comme il existe un marché des joueurs de football ou un marché des grands acteurs », explique le député des Yvelines.

Selon le patronat, « Carlos Tavares patron de Peugeot est donc comparable à son compatriote Cristiano Ronaldo. Carlos Ghosn est comparable à Antoine Griezmann », poursuit-il en ce jour où débute l' Euro de football.

Zidane ou Messi, des génies rares

Aux yeux de Benoît Hamon, fan du ballon rond, « le génie existe et il peut parfaitement trouver à s’épanouir dans des fonctions de dirigeants d’entreprise ». « Mais le génie est rare. C’est ce qui explique qu’en football un Zidane ou un Messi aient été ou soient aussi bien payés », avance-t-il.

Début juin, Nicolas de Tavernost, PDG de M6, chaîne qui diffuse des matchs de l’Euro 2016, avait estimé que son salaire de 1,4 million d’euros n’était « pas énorme », et fait valoir que « quelques footballeurs sont bien mieux payés » que lui.

Dans le cadre du projet de loi Sapin II, les députés ont rendu contraignant le vote des assemblées générales d’actionnaires sur la rémunération des dirigeants d’entreprise. Mais ils ont écarté tout plafonnement de ces rémunérations.