La validité des chèques réduite pour pousser les Français à se moderniser

ECONOMIE La durée passera de un an à six mois au 1er juillet 2017...

P.B. avec AFP

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Les Français restent attachés au chèque.
Les Français restent attachés au chèque. — JS EVRARD

Chers Français, il est temps, comme à peu près tous les autres pays développés l’ont déjà fait, de dire adieu au chèque. C’est, en substance, le message de l’Assemblée nationale, qui a réduit dans la nuit de jeudi à vendredi la validité des chèques bancaires de un an à six mois, à partir du 1er juillet 2017. Le but : favoriser d’autres outils plus modernes, quelque voix s’élevant pour défendre ce moyen de paiement assez prisé par les Français.

Dans le cadre de l’examen du projet de loi « Sapin II », les députés ont voté un article qui réduit de douze à six mois la durée de validité du chèque pour « faciliter l’usage des moyens de paiement modernes » (cartes, virements, prélèvements…) et réduire l’incertitude liée au délai d’encaissement du chèque. Cela permettra de limiter « le risque d’impayés pour les commerçants ».

37 chèques par an en moyenne contre… 0,38 en Allemagne

L’usage des chèques diminue en France. Mais, selon le rapport pour avis de la commission des Affaires économiques, le pays continue de se distinguer en Europe par un usage particulièrement fort : un Français utilise en moyenne près de 37 chèques par an, contre 11 pour un Anglais, et moins de un (0,38) pour un Allemand.

L’élue du Front de gauche Huguette Bello a souligné que le chèque était encore un moyen de paiement utilisé de façon non « négligeable », et souvent « par des personnes aux revenus modestes qui veulent échelonner leur paiement », jugeant « regrettable » que soit porté atteinte à cela.

Des moyens modernes en pagaille

« La dernière fois que j’ai utilisé un chèque ? Ça devait être en 2012, avant de quitter la France », s’amuse le correspondant de 20 Minutes au Japon. Idem aux Etats-Unis, où la carte de crédit peut s’utiliser presque partout, quel que soit le montant, et où le paiement mobile commence à se démocratiser.

En 2016, on peut envoyer de l’argent à un ami par Paypal, Venmo, Facebook Messenger, Gmail ou même Snapchat, payer dans une boutique avec son iPhone ou glisser sa carte dans un lecteur de Square. Le chèque lui, peut se perdre et doit être encaissé, en espérant qu’il ne soit pas en bois. Cher Français, l’heure a sonné.