SNCF: la direction souligne le coût très élevé des grèves devant les syndicats

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Le président de la SNCF Guillaume Pepy le 4 juin 2016 sur les rails de la ligne du RER C à Paris
Le président de la SNCF Guillaume Pepy le 4 juin 2016 sur les rails de la ligne du RER C à Paris — DOMINIQUE FAGET AFP

La SNCF a chiffré lundi à «plus de 20 millions d'euros par jour» le coût des grèves des cheminots, soit plus de 260 millions depuis mars, alors que direction et syndicats se retrouvaient pour un ultime round de négociations.

Entre billets non vendus, remboursements, bus de substitution et manque à gagner pour le fret, la grève coûte «plus de 20 millions d'euros par jour» à la SNCF, a affirmé à l'AFP un porte-parole de la compagnie ferroviaire.

En trois mois, les syndicats ont appelé à 13 journées de grève, dont six consécutives depuis mercredi. Leur coût cumulé dépasse donc 260 millions d'euros pour la SNCF et sa branche Mobilités, chargée de l'exploitation des trains de voyageurs et de marchandises.

«Le coût du mouvement atteint aujourd'hui près de 300 millions d'euros», déclarait même Guillaume Pepy, président du groupe ferroviaire, dans le Journal du dimanche.

Le montant se rapproche des 377 millions d'euros de bénéfice net dégagé en 2015 (hors dépréciations massives d'actifs pour plus de 12 milliards).

Cette jauge risque fort d'être dépassée avec les inondations qui affectent le réseau ferré depuis la semaine dernière et qui coûteront sans doute «des dizaines de millions d'euros» supplémentaires à la SNCF, selon son porte-parole.

L'argument financier est avancé par la direction au dernier jour des négociations sur le temps de travail dans l'entreprise, avec des syndicats en ordre dispersé et sous ingérence du gouvernement.

- Troc sur la dette -

L'accord, qui devait être le plus important à la SNCF depuis la mise en place des 35 heures à la fin des années 1990, s'est restreint à un maintien des règles existantes après sa reprise en main fin mai par le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies.

Ce camouflet pour M. Pepy a réduit à néant ses espoirs d'assouplir le régime de travail des cheminots pour baisser les coûts de la SNCF avant l'ouverture à la concurrence, imposée par l'Europe.

M. Vidalies a donné des gages supplémentaires aux syndicats en s'engageant à augmenter le budget alloué à la «régénération» du réseau ferré, actuellement de 2,5 milliards d'euros par an, sans préciser comment ces dépenses nouvelles seraient financées.

Les concessions de l'exécutif ont convaincu la CFDT de retirer son appel à la grève et l'Unsa de suspendre le sien. Si ces deux organisations signaient un accord avec la direction, le texte pourrait entrer en vigueur à condition que la CGT et SUD ne s'y opposent pas conjointement.

Mais M. Pepy et son équipe espèrent eux aussi obtenir des contreparties aux économies évaporées sur ce volet social. «Un deal global» intégrant «aussi les volets financiers» a ainsi été proposé, selon l'entourage du président de la SNCF.

La dette du groupe, qui atteignait 50 milliards d'euros fin 2015, est au centre de ces tractations. Une partie de cette somme colossale pourrait être transférée au budget de l'Etat, comme en 2007 (8 milliards) et en 2010 (10 milliards).

M. Valls a déclaré jeudi qu'il prendra «très bientôt des décisions sur la trajectoire financière» de la SNCF. Le Premier ministre assure par ailleurs que la démission de M. Pepy «n'est pas à l'ordre du jour».