Sapin: l'Eurogroupe n'est pas dans «un esprit de sanction» face à l'Espagne

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Michel Sapin à l'Elysée le 1er juin 2016
Michel Sapin à l'Elysée le 1er juin 2016 — STEPHANE DE SAKUTIN AFP

Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a assuré lundi que l'Eurogroupe n'était pas dans «un esprit de sanction» à l'égard de l'Espagne, dont le déficit budgétaire a fortement dérapé l'année dernière.

Le ministre était interrogé par la presse sur la possibilité que Bruxelles prennent des mesures contre Madrid, dont le déficit a dérapé à 5% en 2015, soit près de 1% de plus que l'objectif fixé.

Cette déclaration de M. Sapin intervient à moins de trois semaines des élections espagnoles du 25 juin, à un moment où le parti anti-austérité Podemos et ses alliés ont le vent en poupe.

Selon trois sondages publiés dimanche, ils pourraient dépasser les socialistes lors des prochaines élections générales et devenir ainsi le premier parti d'opposition en Espagne.

«Il y a des élections à la fin de ce mois. J'espère qu'un gouvernement stable sorte de ces élections qui permette la prise de décision», a affirmé M. Sapin, rappelant que les partis espagnols n'étaient pas parvenus à former une coalition après les précédentes élections de décembre.

La Commission européenne a décidé de reporter à juillet, après les élections, sa décision sur d'éventuelles sanctions contre l'Espagne et le Portugal pour non respect des objectifs de réduction de leur déficit public.

Le déficit public espagnol a dérapé à 5% du PIB en 2015 et devrait encore se monter à 3,6% en 2016, selon les prévisions de Madrid.

Depuis l'instauration de nouvelles procédures budgétaires européennes après la crise de la dette dans la zone euro, la Commission européenne a la possibilité de sanctionner financièrement les mauvaises élèves en matière budgétaire (jusqu'à 0,2% du PIB du pays concerné). Elle ne l'a jusqu'ici jamais fait.