Les Suisses vont-ils créer le revenu universel?

ARGENT Les Suisses sont appelés à voter ce dimanche pour ou contre la création d’un revenu de base…

20 Minutes avec AFP
Le drapeau suisse, à Genève, le 5 novembre 2014
Le drapeau suisse, à Genève, le 5 novembre 2014 — Fabrice Coffrini AFP

Souhaitez-vous donner un revenu de base à chaque citoyen, qu’il soit majeur ou mineur, salarié ou sans emploi ? C’est grosso modo à cette question que les Suisses doivent répondre ce dimanche.

Ce projet unique au monde suscite de vifs débats dans un pays où l’on vénère la valeur travail. D’ailleurs, selon les derniers sondages, la proposition, soumise par un groupe sans affiliation politique, a peu de chances de passer. Rien d’étonnant quand on se souvient qu’en 2012, les Suisses avaient déjà refusé de porter leurs congés payés de 4 à 6 semaines, craignant une baisse de leur compétitivité.

« C’est un rêve qui existe depuis longtemps »

L’initiative populaire « Pour un revenu de base inconditionnel » (RBI) propose de verser une allocation universelle chaque mois à tous les Suisses et aux étrangers vivant dans le pays depuis au moins 5 ans, qu’ils aient ou non déjà un emploi.

Le montant de ce revenu reste à fixer, mais le groupe à l’origine de l’initiative suggère de distribuer 2.500 francs suisses (2.260 euros) par adulte - un montant très faible pour vivre en Suisse - et 650 francs suisses pour chaque mineur.

Cela nécessiterait un budget supplémentaire d’environ 25 milliards de francs suisses (22,6 milliards d’euros) par an, financé par de nouveaux impôts ou taxes. « C’est un rêve qui existe depuis longtemps », mais qui est devenu « indispensable » face au chômage élevé provoqué par la robotisation croissante, explique l’un des pères de l’initiative, Ralph Kundig.

Un projet utopique et trop coûteux ?

Le gouvernement et la plupart des partis politiques dénoncent un projet utopique et trop coûteux. 

« C’est un vieux rêve, un peu marxiste. Pleins de bons sentiments irréfutables mais sans réflexion économique », déclare le directeur du Centre international d’études monétaires et bancaires à Genève, Charles Wyplosz. Selon lui, si le lien entre la rémunération et le travail est coupé, « les gens en feront moins ».

Selon le dernier sondage réalisé par l’institut gfs.bern, 71 % des Suisses devraient voter non.