Les ventes de Rafale ont boosté les exportations d'armement français

DEFENSE La région du Proche et du Moyen-Orient a représenté les trois quarts des exportations l’an dernier...

20 Minutes avec AFP

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Un Rafale en cours d'assemblage à Merignac, près de Bordeaux.
Un Rafale en cours d'assemblage à Merignac, près de Bordeaux. — Bob Edme/AP/SIPA

Les premiers contrats de vente du chasseur Rafale à l’étranger ont dopé les ventes d’armements français à l’étranger. Ces exportations ont atteint un record de 16,9 milliards d’euros en 2015, soit plus du double de l’année précédente, a fait savoir le ministère de la Défense dans un rapport rendu public mercredi.

Ces exportations, mesurées en prises de commandes, avaient déjà atteint 8,2 milliards en 2014, soit un bond de 18 % par rapport à 2013.

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Indépendance nationale

Elles « concourent directement à notre indépendance nationale », s’est félicité le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian dans ce rapport annuel au Parlement. Elles soutiennent de facto une industrie militaire qui peinerait à se maintenir à niveau, en termes d’investissements et d’innovation, sur la base des seules commandes de l’armée française.

« La préservation de cette base industrielle et son développement conditionnent la capacité de la France à répondre aux futurs besoins d’équipement de ses armées », souligne le rapport.

La Défense, un secteur économique dynamique

Ces exportations « font aussi de la Défense l’un des secteurs économiques les plus dynamiques en France », a ajouté le ministre. Ce secteur représente environ 165.000 emplois, soit près de 4 % de l’emploi industriel français. Cette performance « repose en grande partie sur les premières ventes à l’export du Rafale », des contrats ayant été conclus en 2015 avec l’Égypte (24 appareils) et le Qatar (24 appareils également), note le rapport.

Les grands contrats - dont cinq supérieurs à 500 millions d’euros - représentent 12,9 milliards d’euros d’exportations au total, soit une hausse de 184 % par rapport à 2014.

Ils sont pour la plupart liés au secteur aéronautique, qui constitue plus de 60 % des prises de commandes en 2015.

Le Qatar et l’Egypte en première ligne

La région du Proche et du Moyen-Orient a représenté les trois quarts des exportations l’an dernier, grâce essentiellement aux contrats conclus avec le Qatar et l’Égypte.

« Confrontés à la persistance de fortes tensions sécuritaires (…) les pays de la zone ont été sensibles à la politique de soutien aux exportations appuyée au plus haut niveau de l’Etat », souligne le rapport.

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Sur la période 2010-2015, cette région a ainsi représenté 54 % des prises de commandes à l’industrie de défense française, suivie de l’Asie (23,5 %), de l’Europe (9,7 %) et des Amériques (7 %), selon la Direction générale de l’armement (DGA).

La « qualité des matériels français » et leur emploi par l’armée française sur les théâtres d’opérations extérieurs jouent également « un rôle clef » dans ces succès à l’exportation, juge le ministère.