ERDF devient Enedis, pour ne plus être confondu avec EDF

© 2016 AFP

— 

Le gestionnaire du réseau français de distribution d'électricité ERDF va désormais s'appeler Enedis pour se démarquer de sa maison mère EDF
Le gestionnaire du réseau français de distribution d'électricité ERDF va désormais s'appeler Enedis pour se démarquer de sa maison mère EDF — DOMINIQUE FAGET AFP

Le gestionnaire du réseau français de distribution d'électricité ERDF a finalement confirmé lundi son nouveau nom, Enedis, qu'il ne comptait dévoiler initialement que mardi, avant que la CGT ne s'en mêle et lance une polémique sur le coût de l'opération.

«Enedis» s'inscrira en lettres bleues sur fond blanc, ou en blanc sur le bleu des véhicules et des uniformes de ses équipes. Avec une exception pour le second «e» de Enedis, de couleur verte, censée incarner «le progrès, la transition énergétique et le monde numérique», selon un communiqué du groupe.

La signature du groupe depuis l'an dernier, «L'électricité en réseau», a été conservée en-dessous du nouveau nom.

Choisi parmi une centaine de propositions, ce nom avait été déposé dès 2008 par ERDF à l'Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi), selon un porte-parole du groupe interrogé par l'AFP.

Le mystère du nouveau nom devait être initialement gardé jusqu'à mardi, où il devait être dévoilé par le président du directoire du groupe, Philippe Monloubou, au salon des maires et des collectivités locales à Paris.

Mais la fédération CGT-Mines-Energie lui a grillé la politesse lundi en révélant le nouveau nom du groupe, qui coûterait selon le syndicat «300 millions d'euros aux usagers».

Un chiffre «erroné et totalement fantaisiste», et qui «n'a rien à voir» avec le changement de nom, mais avec la «valeur financière théorique» de la marque ERDF, a réagi le groupe.

Le changement de nom et de logo coûtera au total «entre 20 et 25 millions d'euros», bien loin d'autres sociétés qui consacrent «près de 100 millions d'euros pour le changement de leur marque», a ajouté ERDF.

Pour respecter son budget, le groupe prévoit de déployer progressivement sa nouvelle identité visuelle, sur 18 à 24 mois, ce qui permettra d'en lisser le coût.

Ainsi de nombreux supports, comme des véhicules ou des vêtements, «ne seront modifiés qu'au moment de leur renouvellement naturel», ajoute le groupe, comptant par ailleurs recourir à ses partenariats existants, comme le Tour de France cycliste.

- Partenaire officiel du Tour de France -

Ce partenariat va être renforcé, Enedis devenant «partenaire officiel» de l'édition 2016, pour mieux promouvoir sa nouvelle identité de marque.

ERDF était né en 2008 en tant que filiale à 100% d'EDF, après l'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence.

L'entreprise avait déjà modifié son logo en juin 2015, pour répondre à une exigence de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), qui estimait qu'avec un sigle et une prononciation trop proches, ERDF et EDF entretenaient une confusion dans l'esprit des consommateurs.

Mais le régulateur avait estimé que les évolutions présentées alors par ERDF étaient insuffisantes pour écarter tout risque de confusion.

Le groupe avait finalement annoncé mi-janvier qu'il allait changer de nom, pour traduire «l'engagement fort de l'entreprise dans la transition énergétique au lendemain de la COP21», la conférence climatique mondiale qui s'est tenue en décembre à Paris.

Pour la FNME-CGT, l'argent dépensé pour les changements de logo et de nom aurait pu «servir à ne pas augmenter les factures, à combattre la précarité énergétique (11 millions de Français dans cette situation aujourd'hui), à investir dans l'appareil industriel, à créer des emplois et augmenter les salaires».

«Ce n'est pas avec ce type de politique de gaspillage financier que l'économie se portera mieux et que le chômage sera résorbé», poursuit la fédération.

FO Energie et Mines avait déjà dénoncé en janvier le coût de cette mesure, parlant aussi de «300 millions d'euros», qui allaient «partir en fumée» à un moment où la maison mère EDF était «bien mal en point».

Gestionnaire du réseau public de distribution d'électricité sur 95% du territoire français, soit 1,4 million de kilomètres de réseau électrique basse et moyenne tension, Enedis emploie 39.000 salariés et a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de près de 14 milliards d'euros en 2015.

Le groupe a lancé en décembre le déploiement dans tous les foyers français de 35 millions de compteurs «intelligents» Linky, un vaste chantier qui doit durer six ans. Fin mai, 800.000 de ces appareils avaient été mis en service.