Loi travail: «Il faut maintenir l'article 2 et davantage l'expliquer» (Berger, CFDT)

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Laurent Berger (CFDT) lors du rassemblement des syndicats réformistes le 12 mars 2016 à Paris
Laurent Berger (CFDT) lors du rassemblement des syndicats réformistes le 12 mars 2016 à Paris — JOEL SAGET AFP

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a déclaré dimanche qu'il fallait «maintenir l'article 2» du projet de loi travail, qui instaure la primauté de l'accord d'entreprise, mais «davantage l'expliquer».

Il a regretté sur iTÉLÉ que le gouvernement se contente de dire qu'il tiendra jusqu'au bout, mais sans «explication» sur le contenu du projet. Le président François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls «n'ont rien expliqué, ils portent une responsabilité» dans «la situation actuelle problématique».

Il a indiqué que Manuel Valls l'avait appelé samedi et avait appelé tous les leaders syndicaux, confirmant une information du Journal du Dimanche.

À propos de l'article 2, point de crispation des opposants à la loi travail qui craignent une dérive vers du moins-disant social, il a rappelé qu'un accord d'entreprise, «au plus près des salariés», devra être «majoritaire» pour s'appliquer.

Ce projet est, selon lui, «porteur de progrès à condition que les acteurs syndicaux s'y investissent».

Interrogé sur la proposition de parlementaires socialistes consistant à prévoir un avis de la branche avant tout projet d'accord et non pas a posteriori, afin de sortir du conflit, Laurent Berger a estimé qu'il fallait «laisser faire les commissions a posteriori». «On verra bien», a-t-il dit, en jugeant le texte «équilibré».

Selon lui, «autant le Medef que la CGT sont opposés à ce texte parce qu'il donne de la place à la négociation collective».

Or, a-t-il dit, «les salariés les plus couverts, ce sont ceux bénéficient d'accords d'entreprise, ce ne sont pas les salariés qui bénéficient simplement du code du travail».

Interrogé sur le bras de fer entre la CGT et le gouvernement, il a mis en garde contre «un jusqu'au-boutisme mortifère» et dénoncé aussi «des dérapages» de certains militants CGT dans les raffineries et des conditions de vote de la grève dans certains sites.

Dans certains cas, «les assemblées générales ne se passent pas dans les plus grands principes démocratiques», a-t-il ajouté, déplorant «ces dernières semaines des dérapages verbaux et des insultes».

Le numéro un de la CFDT a également jugé «scandaleux et anti-démocratique» le mouvement de la CGT Livre qui a empêché la parution jeudi dernier des journaux qui avaient refusé de publier une tribune du numéro un de la CGT Philippe Martinez.