Etats-Unis: la croissance au 1er trimestre révisée en légère hausse

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Les profits des entreprises ont chuté de 7,8% au dernier trimestre
Les profits des entreprises ont chuté de 7,8% au dernier trimestre — Timothy A. CLARY AFP

La croissance économique aux Etats-Unis a été révisée en légère hausse au 1er trimestre, un peu moins que ne l'espéraient les analystes, selon la 2e estimation du département du Commerce publiée vendredi.

Le Produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 0,8% de janvier à mars en rythme annualisé et données corrigées des variations saisonnières contre +0,5% pour la première estimation. Les analystes, dans leur prévision médiane, s'attendaient à ce que le gouvernement révise davantage ce chiffre à la hausse, à 1%.

Néanmoins, à +0,8%, la croissance de l'hiver dernier est la plus soutenue pour un premier trimestre depuis trois ans.

Au 4ème trimestre 2015, l'expansion de l'économie américaine avait été de 1,4%.

Cette révision en hausse pour les trois premiers mois de l'année est surtout due au secteur résidentiel, notamment la construction d'immeubles collectifs, qui a progressé plus fortement que prévu (+17,1%). C'est la meilleure performance pour l'immobilier depuis fin 2012.

Le secteur a apporté la plus forte contribution à la croissance du trimestre (0,56 point) après la consommation (1,29 point) qui traditionnellement tient le rôle de leader dans l'expansion américaine.

La révision reflète aussi une moindre diminution des investissements des entreprises (-2,6% au lieu de -3,5% pour la première estimation), notamment dans les stocks, précise le ministère.

Les dépenses des consommateurs ont avancé de 1,9%, une estimation inchangée même si la ventilation de la consommation est un peu différente. Les ménages américains ont consommé plus de biens que précédemment estimé (+0,4% au lieu de +0,1%) et très légèrement moins de services (+2,6% au lieu de 2,7%).

Dans un communiqué, la Maison Blanche s'est félicité de «cette forte croissance de l'investissement résidentiel qui a boosté celle du PIB». Jason Furman, qui préside le Cercle des conseillers économiques du président Obama, a toutefois souligné «la faiblesse des investissements des entreprises et des exportations exacerbée par la faible demande à l'étranger et les bas prix du pétrole».

La décrue des exportations s'est révélée néanmoins moins sévère qu'estimée à -2% au lieu de -2,6%. Tandis que les importations, qui sont comptées comme un coût pour le PIB, ont ralenti plus fortement qu'initialement évalué à -1,1% au lieu de -0,7%, un repli qui est positif pour les comptes de la nation.

L'évolution des dépenses publiques est inchangée à +1,2%, tirée par les investissements des Etats et collectivités locales (+2,9%) qui ont largement compensé la chute des dépenses fédérales (-1,6%).

Pour le 2e trimestre en cours, les experts espèrent que l'expansion va se relancer autour de 2%. Plusieurs indicateurs pour avril se sont montrés favorables, notamment dans le secteur immobilier (reventes de logements, ventes de logements neufs et promesses de ventes) mais aussi du côté de la consommation (ventes au détail).

La Réserve fédérale (Fed) qui tient une réunion de politique monétaire les 14 et 15 juin a laissé entendre qu'il était possible qu'une hausse des taux d'intérêt soit «pour très bientôt», selon les mots d'un de ses gouverneurs, Jérôme Powell, jeudi.

Les marchés guettent de nouveaux indices sur ce point de la part de la présidente de la banque centrale Janet Yellen qui devait participer à une conférence vendredi. Elle doit aussi prononcer un discours le 6 juin.

Le ministère du Commerce publiera le 28 juin sa troisième estimation du PIB pour le 1er trimestre.