Rémunération des patrons: Les députés rendent contraignant le vote des AG d'actionnaires

GROS SALAIRES A l’origine du vote des députés, un scandale autour du salaire du patron de Renault, Carlos Ghosn...

Clémence Apetogbor

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Assemblée nationale. (Illustration)
Assemblée nationale. (Illustration) — LCHAM/SIPA

La pression sur les patrons s’accroît.

Ce jeudi, les députés ont rendu contraignant le vote des assemblées générales d’actionnaires sur les rémunérations des dirigeants d’entreprises, dans le projet de loi Sapin II, en commission, puis dans l’hémicycle avec une proposition de loi du Front de gauche.

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« Le gouvernement partage pleinement l’objectif de modération de la rémunération des dirigeants », a déclaré au Palais-Bourbon le ministre des Finances, Michel Sapin.

L’Assemblée aura « à travailler plus précisément encore » en séance à partir du 6 juin sur la mesure d’initiative socialiste adoptée en commission, a précisé le ministre, annonçant des amendements du gouvernement notamment sur la transparence des écarts de rémunération en entreprise.

L’origine du scandale

A l’origine du vote des députés, un scandale autour du salaire du patron de Renault, Carlos Ghosn. Le conseil d’administration de la marque au losange est passé début mai outre le vote consultatif des actionnaires, dont l’État détenteur de 20 % de l’ex-régie nationale, qui s’étaient prononcés à 54,12 % contre sa rémunération de 7,251 millions d’euros au titre de PDG.

A cette polémique s’est ajoutée celle sur la rémunération de Carlos Tavares, dirigeant un autre constructeur automobile, PSA. Son salaire a été quasi doublé, malgré le vote négatif de l’État, actionnaire minoritaire.