Japon: travaux suspendus sur le site de Fukushima pendant le G7

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La centrale nucléaire  Fukushima Daiichi (à l'arrière-plan) vue depuis la ville de Tomioka, au Japon, le 11 mars 2016
La centrale nucléaire Fukushima Daiichi (à l'arrière-plan) vue depuis la ville de Tomioka, au Japon, le 11 mars 2016 — JIJI PRESS JIJI PRESS

Les travaux seront suspendus à la centrale accidentée de Fukushima durant les deux jours du sommet du G7 cette semaine, une mesure de précaution qui s'ajoute à des dispositions sécuritaires exceptionnelles à travers le pays face à un risque d'attentat ponctuellement jugé plus fort par les autorités.

«Hormis les opérations de routine qui ne peuvent pas être stoppées, comme les patrouilles près des citernes stockant l'eau notamment, nous allons suspendre les travaux les 26 et 27 mai», a expliqué à l'AFP un porte-parole de la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power.

Actuellement, quelque 6.000 à 8.000 travailleurs oeuvrent chaque jour à la centrale de Fukushima Daiichi mise en péril par le tsunami du 11 mars 2011.

Alors que les milieux politiques et les moyens de sécurité seront mobilisés pour le sommet du G7 à Ise-Shima (centre-ouest), Tepco estime plus judicieux de minimiser les risques d'incident, considérant qu'il serait dans ces conditions difficile de répondre au mieux à un imprévu.

«En temps normal, la probabilité de survenue d'un attentat au Japon comme ceux que l'on a pu voir à Paris ou Bruxelles est jugée peu élevée, mais le contexte est différent lors d'un événement comme un sommet du G7 ou les jeux Olympiques», a souligné récemment devant les journalistes l'ex-officier de police et désormais professeur d'université spécialiste de la sécurité antiterroriste Shiro Kawamoto.

De fait, un déploiement exceptionnel de forces de l'ordre a été décidé sur le site du sommet, dans le centre du pays, mais aussi dans la capitale qui pourrait selon les spécialistes constituer aussi une cible.

Quelque 23.000 hommes assureront la sécurité sur place à Ise-Shima lors de la venue des sept chefs d'Etat ou de gouvernement et de très nombreuses autres personnes, dont les journalistes, ayant accès au site où les réunions auront lieu les 26 et 27 mai.

Parmi ces hommes figurent des unités d'élite entraînées notamment pour divers cas de figure potentiels dont la capture d'un drone qui tenterait d'entrer sur la zone.

Le déplacement de Barack Obama à Hiroshima (ouest) le 27 sera quant à lui encadré par 4.600 policiers, selon les chiffres des médias.

Les garde-côtes sont aussi en état d'alerte et ont travaillé en collaboration avec les pêcheurs des environs d'Ise-Shima pour accélérer le repérage d'un quelconque bateau non dûment enregistré, précise M. Kawamoto.

La présence sécuritaire est aussi devenue très visible dans certains quartiers très fréquentés de Tokyo, comme Ginza, où l'on observe des officiers en tenue sur les trottoirs tous les 50 ou 100 mètres.

Les salles de spectacle, stades et autres lieux accueillant du public bénéficient également de mesures renforcées.

Les compagnies de chemin de fer ont aussi annoncé devoir fermer cette semaine une partie des très nombreuses consignes à bagages, s'excusant pour la gêne occasionnée aux usagers dépités devant ces équipements bien commodes momentanément condamnés.