Croissance spectaculaire pour Spotify, qui perd toujours de l'argent

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Spotify, numéro un de l'écoute de musique en ligne ("streaming"), a annoncé avoir connu une croissance spectaculaire en 2015
Spotify, numéro un de l'écoute de musique en ligne ("streaming"), a annoncé avoir connu une croissance spectaculaire en 2015 — EMMANUEL DUNAND AFP

Spotify, numéro un de l'écoute de musique en ligne («streaming»), a annoncé lundi avoir connu une croissance spectaculaire en 2015, même s'il a continué à perdre de l'argent comme depuis sa création.

Les comptes annuels de la holding luxembourgeoise Spotify Technologies, obtenus auprès du Registre de commerce et des sociétés, montrent un chiffre d'affaires en hausse de 80%, à 1,945 milliards d'euros.

Cette croissance est très nettement supérieure à celle de 2014 (+45%) et légèrement meilleure qu'en 2013 (+74%).

La performance est d'autant plus remarquable que l'entreprise suédoise a fait une pause dans son expansion internationale en 2015, n'entrant sur aucun nouveau marché. Elle a repris en 2016, avec l'Indonésie comme 59e pays.

«De beaucoup de façons, cela a été la meilleure année que nous ayons connue», a écrit la direction aux actionnaires.

«Notre chiffre d'affaires publicitaire a presque doublé, en hausse de 98%, et le nombre d'utilisateurs actifs chaque mois, de 60 millions fin 2014, a augmenté à plus de 89 millions fin 2015, dont plus de 28 millions d'abonnés payants», a-t-elle souligné.

Spotify dit être «la deuxième source de chiffre d'affaires pour l'industrie musicale».

Le seul capable de rivaliser pourrait être Apple Music, mais le groupe américain ne donne pas le détail des chiffres de sa division «services» qui comprend d'autres activités.

Le français Deezer, qui a renoncé à une entrée en Bourse en octobre, n'a pas publié celui de 2015, après les 142 millions d'euros de 2014. L'américain Napster a atteint 202 millions de dollars en 2015. Quant à Tidal du rappeur américain Jay Z, qui se distingue par la générosité de ses royalties, il est probablement plus petit encore.

Malgré le changement des habitudes des auditeurs, qui a fait chuter les ventes de CD dans la plupart des pays du monde, le modèle économique pour le «streaming» reste difficile à trouver, entre maisons de disques exigeantes sur leur part, artistes et auteurs qui se plaignent de rémunérations parfois dérisoires, et impératifs viabilité financière.

Spotify en pâtit toujours: la perte nette a augmenté de 7%, à 173 millions d'euros. Il l'explique par «des investissements substantiels réalisés au cours de l'année, principalement dans le développement du produit, l'expansion internationale et l'augmentation des effectifs».

Mais «nous croyons que notre modèle apportera une rentabilité à grande échelle. (...) Nous pensons que nous générerons un chiffre d'affaires conséquent à mesure que notre envergure augmentera, et que (...) nos marges s'amélioreront», a affirmé la direction.

L'autre succès de Spotify est de convaincre de plus en plus d'artistes de signer avec lui.

Fin 2014 il avait ajouté les chansons des Beatles à son catalogue de plus de 30 millions de titres. Et début mai, c'est l'un de ses critiques les plus virulents, l'Anglais Thom Yorke, qui a accepté d'y mettre les deux nouveaux singles de Radiohead.

L'entreprise est toujours contrôlée par ses fondateurs, les Suédois Daniel Ek et Martin Lorentzon. Elle a financé son développement ces dernières années en embarquant une multitude d'investisseurs, mais ne dévoile pas la répartition des parts.

L'arrivée d'un actionnaire coté en Bourse, l'opérateur télécoms suédois Telia, avait permis de savoir en juin 2015 que la société était valorisée 8,2 milliards de dollars.