Remous autour de l’entrée en vigueur des heures supp

ECONOMIE L’opposition dénonce notamment une mesure coûteuse...

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AFPTV

A peine entrée en vigueur, aussitôt dénoncée. La réforme des heures supplémentaires défiscalisées, effective depuis ce lundi, fait grincer des dents à gauche mais aussi au sein des entreprises.

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a ainsi souligné le «surcoût» de cette mesure pour les chefs d'entreprises de moins de 21 salariés. «La majoration de la rémunération des heures supplémentaires non plus au taux de 10% mais au taux de 25%» fera perdre à ces entreprises «l'avantage compétitif dont elles bénéficiaient jusqu'à présent», estime la GCPME, tout en se félicitant de l’entrée en vigueur d’une loi qui «incite financièrement les salariés à travailler plus».

5 milliards d’euros

Selon l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), environ 75% du contingent d'heures supplémentaires effectuées chaque année en France (environ 900 millions au total) est en effet réalisé dans ces petites entreprises.

Plus généralement, c’est le coût du dispositif qui fait débat. Il est estimé à environ 5 milliards d'euros en année pleine pour l'Etat. Elisabeth Guigou (PS), ancienne ministre de l'Emploi, a ainsi estimé lundi que son effet était «incertain sur la croissance» et son «coût très important pour les finances publiques».

Quant à «qui va vraiment profiter de la réforme», c’est la grande question. A laquelle le PCF répond: «les patrons». Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, juge pour sa part que la nouvelle législation ne bénéficierait qu'à «peu de monde». «Il y a des salariés qui vont en bénéficier, notamment ceux qui sont déjà à 39 heures et qui vont avoir quatre heures défiscalisées, mais ça va être très dur pour les salariés à temps partiel, ceux qui voudraient effectivement travailler plus, et ça va être très compliqué pour les cadres», a-t-il détaillé.

«Un énorme pataquès» et «des déceptions à l'arrivée». Voilà comment Laurent Fabius (PS) résume quant à lui les heures supp défiscalisées. L'ancien Premier ministre a aussi pointé «une illusion dans tout cela». «Vous n'arrivez pas le matin en disant à votre patron: ”J'ai des difficultés, il faut me donner des heures supplémentaires”. On ne donne des heures supplémentaires que s'il y a une relance économique et en plus le mécanisme est très compliqué».

«Tous les salariés vont en bénéficier»

«C'est la première fois depuis très longtemps que l'Etat français investit dans le travail», s’est défendue la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Largarde. «Tous les salariés vont en bénéficier, du privé et du public, à partir de la 36e heure», a-t-elle assuré, précisant que «pour les cadres, dès qu'on dépasse les 218 jours on rentre dans le dispositif».

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