Amazon renonce à racheter le service de livraison français Colis Privé

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Les autorités allemandes de la concurrence ouvrent une enquête sur les relations commerciales entre le site de vente de livres audio Audible.com, filiale d'Amazon, et Apple
Les autorités allemandes de la concurrence ouvrent une enquête sur les relations commerciales entre le site de vente de livres audio Audible.com, filiale d'Amazon, et Apple — Emmanuel Dunand AFP

Le géant américain de la vente sur internet Amazon a annoncé jeudi qu'il renonçait à acheter la totalité du service de livraison français aux particuliers Colis Privé «pour des raisons indépendantes de (sa) volonté».

Le groupe avait fait part en octobre de son intention d'acquérir toutes les parts de Colis Privé, dont il détient déjà 25%, et prévoyait alors de finaliser l'opération au premier trimestre.

«Pour des raisons extérieures à Amazon et indépendantes de notre volonté, nous avons décidé de mettre un terme à cette procédure d'acquisition», a indiqué jeudi le groupe à l'AFP, confirmant une information du magazine spécialisé dans la distribution LSA.

«Nous continuerons à travailler avec Colis Privé qui constitue un partenaire privilégié pour la livraison de nos clients en France et maintiendrons notre participation en tant qu'actionnaire majeur de l'entreprise», ajoute le groupe.

Amazon, qui multiplie actuellement les iniatives dans les transports pour s'assurer des livraisons toujours plus rapides, n'a pas souhaité préciser les raisons qui l'ont amené à renoncer à l'opération.

Selon le quotidien Les Echos, qui cite une source proche du dossier, cet échec est lié à l'instruction du dossier par l'Autorité de la concurrence, saisie dans cette affaire comme à chaque opération importante de concentration.

«L'instruction était assez avancée puisqu'on s'apprêtait à passer en phase 2, en phase d'analyse approfondie», a confirmé à l'AFP une porte-parole de l'organisme.

Comme il est d'usage dans le cadre de cette procédure, l'Autorité avait entamé avec Amazon un dialogue sur la façon dont les risques éventuels à la concurrence pouvaient être réglés.

Il est apparu «des points de blocage liés aux modalités de mise en oeuvre des engagements», a souligné la porte-parole.

Amazon tiquait d'une part sur le fait qu'un mandataire aurait été amené à suivre de façon concrète les engagements pris et d'autre part sur le fait que la maison-mère américaine elle-même devait s'engager, et pas seulement la filiale française.

Joint par l'AFP, Colis Privé n'a pas souhaité faire de commentaire.

L'entreprise de 400 salariés, qui s'est spécialisée sur le créneau du «dernier kilomètre», se présente comme le premier opérateur privé de livraison de colis au domicile des particuliers en France. Elle a distribué plus de 35 millions de paquets en 2015 à travers un réseau de 1.700 livreurs sous-traitants.