Casino, face aux difficultés de sa filiale Cnova, emploie les grands moyens

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Casino a vendu la totalité de ses actifs en Asie
Casino a vendu la totalité de ses actifs en Asie — JEAN-PIERRE MULLER AFP

Le géant français de la distribution Casino a entamé jeudi les grandes manoeuvres pour assainir sa filiale de commerce en ligne en difficultés Cnova, en prévoyant de céder sa branche brésilienne et de lancer une offre publique d'achat.

La société est échaudée depuis plusieurs mois par les soubresauts de Cnova Brazil, une entité lourdement affectée par le ralentissement économique du pays et une affaire de fraude. Ses problèmes sont largement à l'origine de la perte nette de 275 millions d'euros enregistrée par Cnova en 2015.

Pour y remédier, le groupe penche pour une solution radicale: il prévoit de se séparer de Cnova Brazil en la cédant à l'entreprise brésilienne Via Varejo.

Ce projet, pour lequel les deux parties ont signé un accord de principe, «permettrait à Cnova de recevoir près de 97 millions de ses propres actions actuellement détenues par Via Varejo (soit 21,9% de son capital) ainsi qu'un complément numéraire d'un montant compris entre 32 millions de dollars et 49 millions de dollars», détaille un communiqué.

Il inclurait également le remboursement par Via Varejo d'une dette de Cnova Brazil vis-à-vis de Cnova «de près de 127 millions de dollars».

L'opération serait réalisée sur la base d'une valorisation de Cnova Brazil à un montant compris entre 492 et 557 millions de dollars par l'opération.

«Via Varejo deviendrait l'actionnaire unique de Cnova Brazil, qui exploite les sites extra.com.br, pontofrio.com et casasbahia.com.br, et cesserait d'être actionnaire de Cnova», ajoute le document.

Cnova de son côté «se recentrerait sur Cdiscount», son site français.

- Recentrage sur la France -

Les deux parties misent sur un accord définitif d'ici le début du troisième trimestre et une finalisation avant octobre.

La maison mère Casino prévoit de lancer dans la foulée une offre publique d'achat sur les actions ordinaires en circulation détenues par les actionnaires du flottant de Cnova au prix de 5,50 dollars par action, pour un montant maximal de 196 millions de dollars. Ce montant correspond à une prime de 82% par rapport au cours du 27 avril, avant que Cnova ne fasse pour la première fois part publiquement de son intention de céder Cnova Brazil.

Contacté par l'AFP, le groupe ne souhaitait pas jeudi indiquer si cette proposition pouvait à terme mener à un retrait de la cote.

«A l'issue de la transaction, Cnova bénéficiera d'une gouvernance simplifiée avec une organisation rationalisée et se concentrera sur son principal marché français, où elle jouit d'une perspective de croissance élevée et d'un leadership reconnu grâce à son modèle différenciant», souligne juste le communiqué.

Au premier trimestre, l'activité du groupe s'est bien tenue dans l'Hexagone: son chiffre d'affaires y a augmenté de 15,3% pour atteindre 465 millions d'euros.

Sur la même période au Brésil, le chiffre d'affaires a reculé de 43,8% à 274 millions d'euros.

Au-delà du climat économique peu favorable du pays, Cnova Brazil fait l'objet depuis décembre d'une enquête interne sur la gestion de ses stocks au sein de ses centres de distribution. Ces troubles avaient poussé son directeur German Quiroga à la démission fin 2015.

Ces remous interviennent dans une période déjà tumultueuse pour la maison mère Casino, chahutée en 2015 par des résultat en baisse et un effondrement de son cours de Bourse.

Sur fond d'interrogation au sujet de son endettement, et après la dégradation de sa note en catégorie spéculative par Standard and Poor's, le groupe tente de rassurer.

Son PDG Jean-Charles Naouri a ainsi indiqué en début de semaine qu'après avoir déjà vendu la totalité de ses actifs en Asie, le groupe envisage de céder de nouveaux actifs dans les prochains mois.