Panama Papers: Les autorités demandent des comptes au Crédit Agricole et à la BNP

ECONOMIE Les deux banques ont été mises en cause mercredi par le journal « Le Monde »…

20 Minutes avec AFP

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Les enseignes de plusieurs banques françaises à Rennes.
Les enseignes de plusieurs banques françaises à Rennes. — DAMIEN MEYER / AFP

Michel Sapin demande des explications au Crédit Agricole et à BNP Paribas, mises en cause mercredi par Le Monde dans le dossier des Panama Papers. « Suite aux informations de presse », les présidents des deux banques « ont fourni des premiers éléments » mais « le ministre [des Finances] les verra dans les tout prochains jours », précise le ministère dans un communiqué.

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« Il ne serait pas tolérable que des banques puissent permettre des opérations de fraude, d’évasion fiscale ou de blanchiment », a réagi Michel Sapin, cité dans le communiqué. Selon Le Monde, le groupe Crédit Agricole aurait administré auprès du cabinet panaméen Mossack Fonseca près de 1.130 sociétés offshore depuis les années 1990, pour le compte de ses clients, via ses filiales.

Les banques auraient aidé leurs clients à échapper aux autorités fiscales européennes

« La banque privée du Crédit Agricole ne crée ni n’administre de structures dites offshore pour ses clients. Cette activité a été progressivement arrêtée et a cessé de manière définitive en 2015 », se défend la banque dans un communiqué.

Plus d’un mois après de premières révélations impliquant notamment la Société Générale, le quotidien pointe cette fois le Crédit Agricole Suisse ainsi que les filiales monégasque et luxembourgeoise de la banque verte. D’après le quotidien, ces établissements auraient aidé leurs clients à échapper aux autorités fiscales européennes en se servant de structures offshore leur permettant entre autres de dissimuler leur identité lors du transfert de parts de leurs sociétés.

« 468 structures offshore » gérées par BNP Paribas avec Mossack Fonseca

La banque réaffirme qu’elle « a bien mis fin à ces activités sous quelque forme que ce soit, y compris au travers de prestataires externes ». Elle assure par ailleurs ne pas être présente au Panama, ni « dans aucun paradis fiscal » et affirme avoir « engagé son retrait des territoires non-coopératifs à partir de 2010 ».

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BNP Paribas est également citée par Le Monde pour avoir géré de son côté 468 structures offshore avec Mossack Fonseca depuis les années 1980. Une demi-douzaine de ces sociétés étaient encore actives fin 2015, avance le journal. Sollicitée par L’AFP, la banque n’était pas disponible pour réagir dans l’immédiat.

Ces nouveaux éléments sont susceptibles d’intéresser le parquet national financier (PNF), qui a ouvert une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraudes fiscales aggravées » le 4 avril après les premières révélations du quotidien, qui concernaient notamment la Société Générale.