Veolia entame 2016 avec une activité en repli compensée par les réductions de coûts

© 2016 AFP

— 

Le PDG de Veolia, Antoine Frérot, lors de l'assemblée générale du groupe, à Paris, le 21 avril 2016
Le PDG de Veolia, Antoine Frérot, lors de l'assemblée générale du groupe, à Paris, le 21 avril 2016 — ERIC PIERMONT AFP

Veolia a débuté l'année 2016 avec une activité en repli pénalisée par l'environnement économique toujours compliqué mais l'effort sur ses coûts a permis au groupe d'améliorer sa performance opérationnelle et de confirmer ses objectifs.

Sur les trois premiers mois de l'année, le bénéfice net courant du leader mondial de la gestion de l'eau et des déchets est ressorti à 173 millions d'euros, en baisse de 18,4% par rapport au premier trimestre 2015 qui avait bénéficié de plus-values de cessions de 65 millions, notamment liées à la vente de sa filiale israélienne.

Hors impact de ces plus-values de cession, le bénéfice net courant ressort en hausse de 16%.

«L'exercice 2016 a connu un démarrage satisfaisant», a commenté le PDG de Veolia Antoine Frérot, cité dans le communiqué, mettant notamment en avant la progression des marges.

Il a confirmé les objectifs du groupe pour cette année avec une croissance du chiffre d'affaires et de l'Ebitda à change constant, un bénéfice net courant d'au moins 600 millions d'euros et un flux de trésorerie libre (free cash flow) d'au moins 650 millions d'euros.

«C'est pour Veolia un premier trimestre solide, qui augure bien de notre nouveau plan stratégique (...) fondé sur deux piliers, la croissance et la rigueur», a insisté M. Frérot lors d'une conférence téléphonique.

C'est d'ailleurs le volet rigueur de son plan qui a permis au groupe de compenser une activité plus difficile au premier trimestre. Entre janvier et mars, Veolia a réalisé 53 millions d'euros de réductions de coûts, sur les 600 millions prévus d'ici 2018, grâce à des efforts sur les achats et l'efficacité opérationnelle.

En particulier, la croissance de 5% de l'excédent brut d'exploitation à 840 millions d'euros «confirme clairement que le programme de restructuration du groupe est le principal moteur de la croissance», notent les analystes de Bryan Garnier.

- Baisse de l'activité -

Sur le plan de l'activité en revanche, Veolia continue de pâtir d'un contexte industriel atone, notamment en Europe, qui pèse sur les volumes de déchets à traiter, mais aussi des faibles niveaux des prix de l'énergie, en particulier aux Etats-Unis.

Au premier trimestre, le chiffre d'affaires est ainsi en repli de 3,4% à 6,089 milliards d'euros, inférieur aux attentes du consensus d'analystes interrogés par Factset qui tablait sur une activité de 6,2 milliards d'euros.

Outre les prix de l'énergie, Veolia explique cette baisse par un impact négatif des changes, ainsi que par «une plus grande sélectivité» dans l'activité de travaux, «la fin des grands projets chez Veolia Water Technologies» et l'activité «atone» de la filiale d'ingéniérie Sade.

Hors ces deux éléments, l'activité serait ressortie en croissance de 1,6%, mais elle reste en recul de 1,7% à périmètre et taux de change constants.

A la Bourse de Paris, l'action Veolia perdait 3,66% à 20,12 euros mercredi à 10H27 (08H27 GMT) dans un marché stable.

En France, à périmètre constant, l'activité a été stable dans l'eau, grâce notamment au démarrage du contrat de Lille le 1er janvier, tandis qu'elle est en repli de 1% dans les déchets.

Dans le reste de l'Europe, le chiffre d'affaires est en repli de 0,7% à périmètre et changes constants. Dans le reste du monde, toutes les zones sont en croissance sauf l'Amérique du Nord.

Par ailleurs, Antoine Frérot a réitéré sa volonté de voir Veolia se retirer totalement du capital de Transdev, qu'il détient actuellement à parité avec la Caisse des dépôts, même si cela pourrait se faire en plusieurs temps.

«Ce que j'espère c'est de trouver un agrément avec la Caisse des dépôts (CDC) d'ici la fin de l'année avec une première réalisation d'une partie d'ici la fin de l'année», et le reste «dans les maximum un ou deux ans qui suivent, mais avec un engagement ferme et à prix défini» dès 2016, a-t-il affirmé, sans exclure que cette cession pourrait être réalisée avec un autre acteur que la CDC.