Corsica Linea, qui succède à la SNCM, lancée officiellement

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Le directeur général de Corsica Linea, Pierre-Antoine Villanova (g), et son président Pascal Trojani, à Marseille le 3 mai 2016
Le directeur général de Corsica Linea, Pierre-Antoine Villanova (g), et son président Pascal Trojani, à Marseille le 3 mai 2016 — BORIS HORVAT AFP

La compagnie maritime Corsica Linea, qui doit succéder à l'historique compagnie SNCM après de multiples péripéties économiques et judiciaires, a été lancée officiellement mardi par ses dirigeants à Marseille.

La compagnie s'est fixé comme objectif d'atteindre 30% de parts de marché sur les traversées Corse-continent, a indiqué son directeur général Pierre-Antoine Villanova lors d'une conférence de presse.

Corsica Linea souhaite être «compétitif avec des tarifs abordables, avec des tarifs bien moins chers que ce qu’ils sont actuellement mais aussi en délivrant une qualité de services qu’on espère irréprochable et qui sera dès cette saison bien meilleure», a-t-il affirmé.

Corsica Linea s'est pourvue d'une nouvelle identité visuelle -déjà visible sur ses bateaux- basée sur une couleur rouge qui tranche avec les tons de bleu de l'historique compagnie SNCM. Son logo est constituée de la tête de Maure, symbole de son rattachement à la Corse.

La SNCM disparaît ainsi après 40 ans d'existence après avoir été elle-même l'héritière de la Compagnie générale transatlantique en Méditerranée créée en 1855.

Après avoir été placée en redressement judiciaire en novembre 2014, la SNCM avait été reprise un an plus tard par l'homme d'affaires corse Patrick Rocca à l'issue de deux appels d'offres du tribunal de commerce de Marseille, et avait pris un temps le nom de Maritima Ferries.

Des entrepreneurs corses, réunis dans le consortium Corsica Maritima et candidats malheureux à cet appel d'offres, ont finalement --après avoir brièvement lancé une compagnie concurrente-- absorbé Corsica Maritima en rachetant les titres de Patrick Rocca et créé Corsica Linea.

Cette cession est encore contestée par les syndicats et le comité d'entreprise de la compagnie, qui a déposé une assignation en justice demandant l'annulation de la cession des titres. Selon le CE, elle ne respecterait pas le jugement du tribunal de commerce qui avait confié la reprise de la SNCM à Patrick Rocca. Elle doit être examinée le 18 mai par le tribunal de commerce.

«Je pense que les syndicats restent un peu interrogatif sur une capacité à gérer l'entreprise et on espère leur démontrer dans les semaines qui arrivent qu’ils ont tort et que l'entreprise est partie pour vivre très longtemps sur des bases très claires», a déclaré M. Villanova.

La concurrence s'est fortement accrue sur le marché Corse, avec, en plus de Corsica Linea, les acteurs traditionnels Corsica Ferries et Méridionale, mais également l'entrée de Moby pour la saison 2016.