Les studios DreamWorks, créateurs de «Shrek», engloutis par Comcast

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Le personnage de Po le panda, assiste à la première du film d'animation Kung Fu Panda, dernier né des studios DreamWorks à Hollywood, le 16 janvier 2016
Le personnage de Po le panda, assiste à la première du film d'animation Kung Fu Panda, dernier né des studios DreamWorks à Hollywood, le 16 janvier 2016 — Alberto E. Rodriguez GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Les studios DreamWorks Animation, qui ont notamment créé «Shrek» et «Kung Fu Panda», vont tomber dans l'escarcelle du géant américain du câble Comcast et de sa filiale NBCUniversal moyennant près de 4 milliards de dollars.

Avec cette transaction annoncée jeudi, NBCUniversal, qui regroupe notamment les studios Universal et un vaste réseau de chaînes de télévision, cherche à renforcer son offre de contenus au moment où les nouveaux venus d'Internet (Netflix, Amazon...) commencent à lui faire de l'ombre.

«Dreamworks nous aidera à faire grossir notre offre de films, de programmes télévisés, de parcs à thème et de produits dérivés dans les années à venir», a commenté Steve Burke, le patron de NBCUniversal, cité dans un communiqué du groupe.

Les studios de cinéma Universal comptent déjà dans leur catalogue de nombreux blockbusters («Jurassic Park», «Harry Potter», «Fast and Furious»...) dont certains ont été déclinés en figurines et autres parcs d'attractions.

Sa nouvelle prise est une cible de choix, qui avait déjà été convoitée par d'autres prétendants dans le passé.

Issu en 2004 d'une scission des studios DreamWorks fondés par David Geffen, Steven Spielberg et Jeffrey Katzenberg, DreamWorks Animation a accumulé les franchises à succès, notamment «Shrek», «Kung Fu Panda», «Madagascar» ou «Dragons», et leurs juteux produits dérivés.

Dreamworks Animation, qui emploie 2.300 personnes, affiche un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 900 millions de dollars pour un bénéfice de 54,8 millions, réalisé avec un nombre restreint de productions.

Avec cette opération, DreamWorks, qui était jusque-là le plus important studio indépendant de dessins animés à Hollywood, se vend à un mastodonte et imite ainsi les studios Pixar («Toy Story», «Cars»...) qui avaient été rachetés par le groupe Walt Disney en 2006 pour 7,4 milliards de dollars.

- Succession -

«NBCUniversal est le foyer idéal pour notre entreprise, un foyer qui respectera notre manière de raconter des histoires et fera grandir notre activité jusqu'à son plus grand potentiel», a assuré l'actuel patron de DreamWorks Jeffrey Katzenberg qui héritera d'un poste à NBCUniversal mais laissera les rênes de l'entreprise au terme de l'opération.

Le nom de son successeur n'est pas clairement annoncé dans le communiqué mais le poste semble toutefois promis à Chris Meledandri, le fondateur du studio d'animation Illumination qui est en contrat exclusif avec NBCUniversal et à qui on doit notamment les «Minions» et «Moi, moche et méchant».

«Nous sommes chanceux d'avoir dans nos rangs le fondateur d'Illumation Chris Meledandri pour nous aider à accompagner la croissance de DreamWorks Animation dans le futur», indique simplement le patron de NBCUniversal dans le communiqué.

Aux termes de la transaction, qui verra NBCUniversal débourser 3,8 milliards de dollars, chaque actionnaire de Dreamworks recevra 41 dollars par action, soit une plus-value de plus de 27% par rapport au cours de pré-séance jeudi à Wall Street.

A 14H20 GMT, le titre s'envolait d'environ 34% à Wall Street à près de 40 dollars. Comcast progressait lui bien plus modestement de 0,46% à 61,59 dollars.

La transaction doit être finalisée à la fin 2016 sous réserve de l'approbation des autorités de la concurrence américaines, ajoute le communiqué.

En 2015, Comcast avait connu une déconvenue en étant contraint d'abandonner son rachat de Time Warner Cable (TWC) face aux réticences des régulateurs. Le numéro un du secteur aux Etats-Unis prévoyait alors de débourser quelque 45 milliards de dollars (67 milliards avec la reprise de dette) pour mettre la main sur son rival.

En 2015, Comcast a réalisé un chiffre d'affaires de 74,5 milliards de dollars pour un bénéfice net de 8,2 milliards de dollars. Le groupe emploie 153.000 personnes.