EDF prendra sa décision finale sur le projet Hinkley Point en septembre selon Macron

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Emmanuel Macron, ministre de l'Economie lors de la présentation du supercalculateur Bull Sequana du groupe Atos, le 12 avril à Paris
Emmanuel Macron, ministre de l'Economie lors de la présentation du supercalculateur Bull Sequana du groupe Atos, le 12 avril à Paris — ERIC PIERMONT AFP

Le géant de l'électricité EDF donnera en septembre son feu vert ultime au projet controversé de construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point au Royaume-Uni, a annoncé le ministre de l'Economie Emmanuel Macron dans une interview accordée au Journal du Dimanche.

«Le président de la République a confirmé l'engagement de la France» dans ce projet, et «la décision finale d'investissement pourra être confirmée en septembre prochain» par l'électricien, a affirmé M. Macron au JDD.

Alors que sa décision finale d'investissement était attendue début mai, le groupe EDF, détenu à près de 85% par l'Etat, a annoncé vendredi que son comité central d'entreprise (CCE) serait consulté sur ce dossier, comme le réclamaient les syndicats. Une démarche qui revient de facto à repousser la décision d'EDF de plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Le groupe, qui l'avait déjà reportée à de multiples reprise, n'avait pas précisé vendredi l'ampleur de ce nouveau délai.

«L'investissement dans les deux réacteurs d’Hinkley Point représentera l’équivalent d’une année d’investissements d’EDF. Cela ne bousculera pas sa trajectoire financière», défend par ailleurs le ministre, écartant de nouveau un retrait de la France de ce méga-projet qui suscite de nombreuses critiques y compris au sein même du groupe.

Selon lui, ce projet au coût colossal (plus de 23 milliards d'euros) va promouvoir la technologie française «face à nos concurrents américains, chinois ou russes», est «nécessaire pour la présence d’EDF en Grande-Bretagne», et préservera les «compétences» de la filière nucléaire nationale.

Cette déclaration intervient après l'annonce vendredi d'un projet de renflouement du groupe à hauteur de 4 milliards d'euros au total, dont 3 milliards apportés par l'Etat. «C'est un investissement nécessaire pour la refondation de la filière», juge-t-il.

En outre, le ministre a estimé que l'Etat avait reçu «trop» de dividendes de la part d'EDF ces dix dernières années (20 milliards en tout), d'où la décision du gouvernement d'être payé durant trois ans sous formes d'actions, ce qui va permettre au groupe d'économiser 2 milliards d'euros.

Interrogé également sur le financement des recapitalisations d'EDF et Areva, l'autre pilier français du nucléaire, qui représentera au moins 6 milliards d'euros, Emmanuel Macron a évoqué la cession - déjà engagée - des parts de l'Etat dans les aéroports de Nice et Lyon et «d'autres opérations» qu'il n'a pas précisées.