American Airlines sanctionnée à Wall Street après des prévisions décevantes

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Un avion de la compagnie aérienne américaine American Airlines quitte la piste de décollage de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle
Un avion de la compagnie aérienne américaine American Airlines quitte la piste de décollage de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle — JEAN-PIERRE MULLER AFP

Le transporteur aérien American Airlines Group, maison mère d'American Airline, a déçu les marchés vendredi en faisant état de mauvaises prévisions malgré une solide performance au premier trimestre.

Le revenu par passager et par mile parcouru (PRASM), un des indicateurs de la rentabilité dans le secteur, va baisser dans une proportion de 6 à 8% au deuxième trimestre en cours, a indiqué le numéro deux du groupe Scott Kirby, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes.

"Nous nous attendons à ce que l'environnement des revenus reste difficile sur l'ensemble de l'année 2016", a poursuivi M. Kirby.

A Wall Street, le titre dévissait de 6,22% à 37,52 dollars dans les premiers échanges, les investisseurs étant particulièrement inquiets de la santé de l'activité du groupe à l'approche de l'été, période importante pour le chiffre d'affaires des compagnies aériennes.

Le pessimisme de la première compagnie aérienne par revenus est dû à la réduction de la taxe carburant appliquée sur les billets d'avions et à une réduction des voyages par les Chinois, les Japonais et les sud-Américains.

La demande n'a pas beaucoup diminué sur les vols transatlantiques malgré les attentats terroristes de Paris et de Bruxelles, a expliqué American Airlines. Au premier trimestre, le PRASM a baissé de seulement 2,1% sur ces lignes, alors que le recul était de 7,5% sur l'ensemble des vols du groupe de Fort Worth (Texas, sud).

- Prix des billets d'avions en baisse -

Delta Air Lines et United Airlines, les deux rivaux d'American ont, eux, aussi préparé les marchés à un recul des revenus et annoncé envisager la réduction de leurs vols pour y faire face. Les deux compagnies espèrent pouvoir augmenter par la suite leurs prix et limiter le recul de leur chiffre d'affaires respectif.

American Airlines va maintenir pour sa part ses capacités de vols dans l'immédiat mais prévoit de les diminuer progressivement vers la fin de l'année.

Lors du premier trimestre, le bénéfice net trimestriel de la compagnie est ressorti à 700 millions de dollars, en baisse de 25% sur un an. Il a notamment été affecté par une provision de 417 millions de dollars liée à des charges fiscales, a expliqué le groupe qui reste en outre affecté par des coûts de sa fusion en 2013 avec US Airways.

Quand on exclut tous ces éléments exceptionnels, le bénéfice par action, indicateur privilégié par les investisseurs américains, ressort à 1,25 dollar, bien au-dessus du 1,19 dollar attendu en moyenne par les analystes.

Le chiffre d'affaires a pour sa part reculé de 4% sur un an à 9,44 milliards de dollars, comme attendu en moyenne par les marchés.

Il a été "affecté par la croissance de la capacité des concurrents, le ralentissement macroéconomique continu en Amérique latine et la faiblesse due aux taux de change", remarque le groupe.

American Airlines a notamment baissé les prix de ses billets d'avions sur les vols régionaux pour limiter le succès des compagnies régionales telles JetBlue et Spirits. Les tarifs ont diminué en moyenne de 7%.

Mais les dépenses opérationnelles ont parallèlement reculé de 5,9% à 8,1 milliards de dollars, "principalement en raison d'une baisse de 32,7% des dépenses consolidées pour le carburant", ajoute American Airlines".

Le groupe et sa filiale American Eagle ont économisé en tout 607 millions de dollars sur le poste carburant mais les salaires, autre grand poste de dépenses, ont augmenté de 12% (279 millions de dollars).