SNCF: Des voyages plus connectés pour les usagers, mais aussi pour l'entreprise

TRANSPORTS La SNCF a présenté ce mardi ses pistes pour se tourner encore plus vers le digital. Le but : un meilleur service pour le client, et une meilleure productivité...

Pierre-Antoine Lefort

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La SNCF souhaite des trains « connectés ».
La SNCF souhaite des trains « connectés ». — P-A Lefort / 20 Minutes

Des rames offrant la 3G, la 4G et le Wifi, mais aussi des objets connectés… La SNCF a fait le point mardi sur son plan digital, lancé en février 2015. L’entreprise publique a pour mot d’ordre, répété à l’envi durant la conférence de presse, l’amélioration de la qualité du service pour l’usager et les gains de productivité.

« Mi-2019, 90 % des voyages seront connectés »

Guillaume Pepy, président du directoire du groupe, a présenté le bilan de cette première année d’expérimentation, en mettant l’accent sur l’accès à Internet dans les trains, promesse de longue date. « L’Internet 4G le long des voies, c’est en route, explique Guillaume Pépy. Mi-2019, 90 % des voyages, y compris RER, Intercités et TER, seront connectés ».

Selon la SNCF, la vitesse rend plus difficile l’accès à ces réseaux depuis un TGV en marche. L’entreprise expérimente ce mois-ci une rame équipée de bornes Wifi. « Il devrait y en avoir une quarantaine fin 2016, et 300 rames d’ici à juin 2017 », promet Guillaume Pepy.

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Détection de pannes

La SNCF a également présenté une série d’innovations, qui permettraient de baisser les coûts de maintenance. Yves Tyrode, directeur digital du groupe, évoque des capteurs « de plus en plus miniaturisés, moins chers et qui consomment moins d’énergie ». Autant de raisons pour l’entreprise publique de s’investir sur ce marché. De nombreux outils et composants des trains devraient bientôt utiliser cette technologie.

Le directeur du technicentre de la SNCF d’Oullins (Rhône), Sébastien Laurent assure que « l’installation de capteurs sur l’outillage permet de détecter les problèmes et, à terme, de faire de la maintenance prédictive ». Ces capteurs envoient des messages à une « passerelle », chargée de les faire parvenir à un serveur, qui les centralise.

Tous les incidents sont listés et analysés.
Tous les incidents sont listés et analysés. - P-A. Lefort / 20 Minutes

 

La SNCF teste de nombreuses utilisations des objets connectés. Par exemple, surveiller la climatisation et le chauffage de ses voitures, sur tous les trains en circulation, et ce en « un clic de souris ». Si une rame met trop de temps pour se rafraîchir, les techniciens sauront « qu’il y a un problème, ou qu’il y aura un problème », détaille Cyril Verdun, responsable du Pôle Ingénierie Matériel au technicentre de Saint-Pierre-des-Corps.

Des capteurs dans les toilettes sont aussi testés. Ils permettent d’estimer le niveau d’eau restant dans les réservoirs. Les pannes des WC seraient également plus rapidement signalées et traitées. Les portes automatiques des sas seront-elles aussi scrutées pour remarquer d’éventuels blocages. « Bien sûr, si un client empêche la fermeture de la porte, c’est ponctuel, on ne va pas relever. Mais si les portes se bloquent trop souvent, on fera intervenir quelqu’un », explique l’homme qui fait la démonstration.

Un logiciel permet de vérifier les niveaux d'eau des réservoirs des toilettes.
Un logiciel permet de vérifier les niveaux d'eau des réservoirs des toilettes. - P-A. Lefort / 20 Minutes

Gains en sécurité

Autre utilisation, l’entreprise publique souhaite rendre les voies exemptes de végétation. A l’aide de capteurs embarqués, mais aussi de caméras ou de drones, elle a dressé une cartographie (30.000 km de voies), pour faire de la maintenance avant que les équipements ne soient abîmés. Des feuilles mortes sur les rails ou des chutes d’arbre peuvent entraîner des retards ou des dysfonctionnements. Ces objets connectés permettent, selon la SNCF, de gagner en sécurité, surtout que, rappelle Guillaume Pépy, « le digital fait partie du plan après l’accident de Bretigny-sur-Orge », le 12 juillet 2013.

Jérôme Bardel, directeur adjoint des gares d’Ile-de-France, veut croire en l’utilité des objets connectés dans les gares, surtout lorsqu’aucun personnel n’y est présent. Avec l’accent mis sur la sécurité (300 nouvelles caméras, appareils de contrôles permettant de limiter les accès aux quais), l’entreprise et le client seraient gagnants. 14 gares du RER B servent de test. Grâce aux objets connectés, Jérôme Bardel évoque « 15 % de validation de titres de transport en plus, et une baisse de 30 % de la facture d’éclairage ». Le dispositif devrait être étendu à 150 gares d’ici fin 2017.