L’erreur d’un courtier fait perdre 250 millions d’euros au Crédit agricole

BANQUE L’incident suscite des interrogations sur les procédures de contrôle...

C. F. avec AFP

— 

L'initiative malheureuse d'un courtier américain d'une filiale du Crédit Agricole, qui va coûter 250 millions d'euros à la banque, suscite des interrogations sur les procédures de contrôle, et rappelle quelques précédents célèbres.
L'initiative malheureuse d'un courtier américain d'une filiale du Crédit Agricole, qui va coûter 250 millions d'euros à la banque, suscite des interrogations sur les procédures de contrôle, et rappelle quelques précédents célèbres. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Une boulette à 250 millions d’euros. L'initiative malheureuse d'un courtier américain d'une filiale du Crédit Agricole, Calyon, qui va coûter 250 millions d'euros à la banque, suscite des interrogations sur les procédures de contrôle, et rappelle quelques précédents célèbres.

Le courtier a agi sans autorisation

En prenant, fin août, une position anormalement élevée sur les marchés du crédit, sans rapport néanmoins avec celui des crédits immobiliers américains à risque («subprime») le courtier a agi sans autorisation et au-delà des limites de risque définies par la banque, a assuré cette dernière.

Ne découvrant l'anomalie que plusieurs jours après, Calyon, la banque de financement et d'investissement du Crédit Agricole, a mis deux semaines pour se tirer d'affaire et liquider ces positions, la note se montant à l'arrivée à 250 millions d'euros.

Le courtier a été licencié et cinq autres salariés de son bureau new-yorkais font actuellement l'objet de procédures disciplinaires. «Il n'est pas exclu que d'autres responsabilités soient mises en cause», indique Calyon. Le responsable de toute l'activité banque de marché pourrait notamment être sanctionné.

Cette affaire pose la question de l'efficacité des procédures de contrôle en place au sein des activités de marché de la banque. Car l'avatar de Calyon n'est d'ailleurs pas le premier écart recensé sur les marchés financiers, loin s'en faut.

Faillite de Barings

L'exemple le plus marquant est celui de Nick Leeson, un jeune courtier de 28 ans qui, en janvier 1995, provoqua la faillite de la vénérable banque britannique Barings en spéculant sur les marchés financiers asiatiques. A lui seul, il creusa une perte de 860 millions de livres sterling.